Alan Greenspan, qui a dirigé la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006 et fut longtemps considéré comme l'un des plus grands banquiers centraux de l'histoire, est décédé ce jour, lundi, à son domicile à l'âge de 100 ans.
Économiste juif américain, Greenspan a exercé une influence considérable sur l'économie des États-Unis pendant près de dix-neuf ans, sous les présidences de Ronald Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush. Il demeure le deuxième président de la Fed ayant exercé le plus longtemps ses fonctions.
Son mandat est notamment associé à la longue phase d'expansion économique qu'ont connue les États-Unis dans les années 1990. Il avait alors acquis une réputation quasi mythique, au point d'être surnommé le « maestro » de l'économie américaine et souvent présenté comme la deuxième personnalité la plus puissante du pays après le président des États-Unis.
Il avait également été salué pour sa gestion du krach boursier d'octobre 1987, de la récession du début des années 1990, de la crise financière asiatique de 1997-1998 et des conséquences économiques des attentats du 11 septembre 2001.
Sa réputation a toutefois été sérieusement écornée après la crise financière mondiale de 2007-2009. De nombreux économistes lui ont reproché d'avoir favorisé la formation de bulles spéculatives et d'avoir défendu une régulation trop limitée des marchés financiers et du secteur bancaire. Il avait lui-même reconnu en 2008 avoir été « profondément choqué » de constater que les intérêts des banques n'avaient pas suffi à empêcher des comportements mettant en péril leur propre survie.
Né à New York le 6 mars 1926, Alan Greenspan avait d'abord envisagé une carrière musicale et étudié la clarinette à la prestigieuse école Juilliard avant de se tourner vers l'économie. Ami de la philosophe Ayn Rand dans sa jeunesse, il resta toute sa vie un fervent défenseur de l'économie de marché.