La sécurité énergétique n’est plus seulement une question économique ou environnementale en Israël. Elle est désormais pleinement intégrée à la réflexion sur la sécurité nationale. C’est le message central du « Sommet de l’énergie », organisée par l’Institut israélien de l’énergie et de l’environnement, en présence du ministre de l’Énergie Eli Cohen, de l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee et de plusieurs hauts responsables du secteur, qui se déroule actuellement.
La conférence se tient dans un contexte particulièrement tendu. Les guerres récentes au Moyen-Orient ont montré la vulnérabilité des infrastructures énergétiques, des routes maritimes et des chaînes d’approvisionnement. Installations pétrolières, ports, réseaux électriques : ce qui était autrefois considéré comme une infrastructure arrière est désormais perçu comme une cible potentielle.
Pour Yossi Rosen, président de l’Institut israélien de l’énergie et de l’environnement, Israël doit « recalculer son itinéraire ». Selon lui, la politique énergétique ne peut plus être pensée comme en période de routine. Il appelle notamment à renforcer les infrastructures, à garantir des stocks de carburant suffisants, à rouvrir le port d’Eilat au transport de carburants et à accélérer la construction de nouvelles centrales électriques.
L’essor de l’intelligence artificielle ajoute une pression supplémentaire. Les centres de données et les besoins croissants en calcul intensif devraient fortement augmenter la consommation d’électricité dans les prochaines années. Cette nouvelle demande oblige Israël à repenser la résilience de son réseau électrique et ses marges de sécurité.
Les acteurs du secteur insistent également sur la nécessité de diversifier les sources d’énergie. Énergies renouvelables, stockage, hydrogène, infrastructures de recharge électrique : autant de pistes présentées comme essentielles pour réduire la dépendance extérieure et renforcer l’autonomie du pays.