Peu connu du grand public, Nabil Fahmy fait pourtant partie des diplomates les plus expérimentés du monde arabe. Ancien ambassadeur d’Égypte à Washington, il connaît de l’intérieur les dossiers américains, israéliens et iraniens. À 75 ans, cet ancien ministre des Affaires étrangères prend les rênes de la Ligue arabe au moment où la région se recompose autour des négociations USA-Iran, de Gaza et du Liban.
Né à New York en 1951, il est issu d’une grande famille diplomatique. Son père, Ismail Fahmy, fut ministre des Affaires étrangères sous Anouar el-Sadate. Un détail historique retient l’attention : il avait démissionné en 1977 pour protester contre la visite de Sadate à Jérusalem, prélude au traité de paix entre Israël et l’Égypte.
Nabil Fahmy a suivi une trajectoire différente. Après plusieurs décennies au sein de la diplomatie égyptienne, il devient ambassadeur au Japon puis, surtout, ambassadeur aux États-Unis de 1999 à 2008. Cette longue expérience à Washington lui permet de tisser des relations étroites avec les administrations américaines et de devenir l’un des meilleurs connaisseurs arabes des équilibres stratégiques entre Washington, Israël et le Moyen-Orient.
Après la chute du président Mohamed Morsi en 2013, il est nommé ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition. Durant cette période délicate, il participe à la réintégration de l’Égypte sur la scène régionale et internationale après les bouleversements du Printemps arabe.
Contrairement à son prédécesseur Ahmed Aboul Gheit, souvent très présent dans le débat public, Fahmy cultive un style plus discret. Les observateurs le décrivent comme un technocrate pragmatique, attaché à la stabilité régionale et à la préservation des alliances stratégiques de l’Égypte, en particulier avec les États-Unis.
Sur le dossier israélo-palestinien, sa position reste fidèle à la ligne traditionnelle du Caire : soutien à la solution à deux États et défense des revendications palestiniennes. Mais il est également considéré comme un interlocuteur réaliste, habitué aux canaux diplomatiques avec Israël et aux négociations de haut niveau.
Son arrivée à la tête de la Ligue arabe intervient alors que plusieurs dossiers majeurs dominent l’agenda régional : les négociations entre Washington et Téhéran, l’avenir de Gaza, les tensions persistantes au Liban, la montée en puissance de l’Iran et les recompositions en cours entre les États arabes.