Alors que l’attention médiatique se concentre souvent sur les jeunes orthodoxes qui refusent la conscription, un autre phénomène existe, beaucoup plus discret : celui des adolescents laïcs qui annoncent publiquement qu’ils ne serviront pas dans Tsahal.
Ces jeunes de 17 ou 18 ans ne refusent pas l’armée pour des raisons religieuses, mais idéologiques. Pour eux, le massacre du 7 octobre et surtout la guerre qui a suivi à Gaza ont renforcé une conviction : la force militaire ne permettra pas de résoudre durablement le conflit israélo-palestinien.
Leur position reste toutefois très marginale. Depuis le 7 octobre, la tendance dominante est inverse : une grande partie de la jeunesse israélienne voit le service militaire comme un devoir encore plus central. Plus de 300 000 réservistes ont été mobilisés dans les premiers jours de la guerre, et de nombreux jeunes ont exprimé leur volonté de rejoindre des unités combattantes, notamment après les massacres dans les localités du sud.
C’est précisément ce contraste qui rend le phénomène sensible. D’un côté, une jeunesse majoritairement remobilisée par le choc du 7 octobre. De l’autre, une petite minorité qui estime que la guerre confirme son refus de porter l’uniforme.
Ces refusniks disent assumer le prix de leur choix : critiques publiques, tensions familiales, isolement social et parfois peine de prison. Ils affirment pourtant agir par conviction morale, dans un pays où le service militaire reste l’un des marqueurs les plus forts de l’appartenance collective.