Société

Une Israélienne qui parle arabe change le regard de milliers d’internautes du monde arabe

Avec plus de 90 000 abonnés sur TikTok et Instagram, Herut Davidson utilise l’arabe pour raconter le quotidien israélien à un public arabe. Une démarche rare qui lui vaut autant d’insultes que de messages de soutien.

2 minutes
16 juin 2026

ParDelphine Miller

Une Israélienne qui parle arabe change le regard de milliers d’internautes du monde arabe
IA

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Lorsque les réseaux sociaux sont souvent accusés d’alimenter la haine, une jeune Israélienne tente d’en faire un outil de dialogue. Herut Davidson, créatrice de contenu israélienne, publie régulièrement des vidéos en arabe destinées aux internautes du monde arabe. Son objectif : montrer une autre facette d’Israël et créer un contact direct avec des personnes qui n’auraient autrement jamais échangé avec une Israélienne.

Originaire de Judée-Samarie, elle raconte avoir grandi dans un environnement marqué par les tensions sécuritaires. Son service national à Jaffa, ville mixte juive et arabe, l’a poussée à apprendre l’arabe, puis à étudier les études moyen-orientales et l’islam à Jérusalem. Une expérience qui a profondément changé sa perception de la société israélienne et de ses voisins.

Après le massacre du 7 octobre 2023, Davidson décide de transformer cette compétence linguistique en mission publique. Selon elle, une grande partie du monde arabe ne connaît pas ou connaît mal ce qui s’est passé ce jour-là. À travers ses vidéos, elle raconte la réalité des Israéliens vivant sous les tirs de roquettes, évoque les otages toujours détenus à Gaza et partage son vécu personnel.

Les réactions sont contrastées. Certains internautes lui envoient des messages antisémites ou justifient les crimes du Hamas. Mais d’autres lui écrivent pour lui dire que, grâce à son contenu, ils découvrent pour la première fois le judaïsme, la société israélienne ou les événements du 7 octobre. Certains vont jusqu’à affirmer qu’ils « ne détestent plus les Israéliens ».

La jeune femme a également participé récemment à une conférence internationale sur le dialogue des civilisations aux Émirats arabes unis. Elle y a rencontré des créateurs de contenu du Golfe et dit y avoir trouvé une preuve que des relations ouvertes entre Israéliens et Arabes sont possibles malgré les tensions régionales.

Pour Herut Davidson, qui utilise sur les réseaux le prénom arabe « Hurriya » – traduction de son prénom hébreu signifiant « liberté » –, l’objectif n’est pas de convaincre tout le monde d’aimer Israël. « Je cherche simplement à ouvrir les esprits et à montrer qu’il existe plus d’une histoire », explique-t-elle. Une démarche modeste, mais qui, à l’heure des guerres de récits, touche déjà des dizaines de milliers de personnes.