La guerre dans le Nord ne se mesure pas seulement en maisons évacuées, en écoles fermées ou en sirènes d’alerte. Elle se mesure aussi dans les cabinets médicaux. Une nouvelle étude de la caisse de santé Meuhedet, publiée par Israel Hayom, montre une dégradation nette de la santé mentale des enfants et adolescents exposés à la guerre près de la frontière libanaise.
L’étude s’est concentrée sur les enfants vivant dans des localités situées jusqu’à 7 kilomètres de la frontière. Ses conclusions sont particulièrement alarmantes : depuis le début de la guerre, les diagnostics liés à la santé mentale ont augmenté de 18 %, le recours aux traitements émotionnels de 22 %, et les prescriptions de médicaments psychiatriques de 52 %.
Selon les chercheurs, ces chiffres traduisent l’impact d’une réalité prolongée : sirènes, tirs de roquettes, interceptions, évacuations, incertitude permanente et rupture avec la routine. Pour de nombreux enfants du Nord, la guerre a signifié l’éloignement de la maison, de l’école, des amis et parfois même de la famille élargie. Une instabilité qui pèse lourdement sur leur équilibre psychologique.
Les professionnels de santé interrogés décrivent une situation de plus en plus visible sur le terrain. Le Dr Noï Cohen, spécialiste en médecine familiale, affirme que les médecins voient désormais des signes de post-traumatisme chez des enfants : troubles du sommeil, anxiété, irritabilité, difficultés de concentration, peurs soudaines ou refus de reprendre certaines activités du quotidien.
L’étude souligne aussi que l’impact n’est pas limité aux enfants directement touchés par un tir ou une évacuation immédiate. Le simple fait de vivre pendant des mois dans une zone menacée, dans l’attente d’une alerte ou d’un départ précipité, suffit à créer une pression psychologique durable. Chez les plus jeunes, cette tension peut apparaître sous forme de régressions, de crises, de douleurs physiques sans cause médicale claire ou d’un besoin constant d’être rassuré.
Pour les médecins, ces données doivent servir de signal d’alarme. Le retour des habitants dans le Nord, lorsqu’il sera possible, ne pourra pas se limiter à la reconstruction matérielle. Les enfants auront aussi besoin d’un accompagnement psychologique structuré, à l’école, dans les familles et dans les centres de santé, afin que les blessures invisibles de la guerre ne s’installent pas durablement.