Dans ce courrier, ils dénoncent une situation dans laquelle « nos combattants se trouvent au Liban avec les mains liées », estimant que des considérations extérieures dictent parfois la conduite des opérations. « Nous ne permettrons pas que nos soldats soient sacrifiés en raison de considérations étrangères ou de l'indifférence de l'échelon politique ».
Les signataires affirment ne plus discerner de finalité claire à l'opération militaire au Liban et demandent aux autorités de « permettre aux soldats de vaincre l'ennemi » ou, à défaut, « d'œuvrer immédiatement à la fin des combats et au retour de tous les combattants à la maison ».
Les parents réclament également que les ministres dont les enfants ou petits-enfants ne servent pas dans l'armée et « s'en glorifient » ne prennent pas part aux discussions du cabinet de sécurité portant sur la guerre.
Ces critiques font écho aux témoignages de soldats présents sur le terrain. Plusieurs d'entre eux ont confié recevoir des consignes parfois contradictoires et se heurter à des règles d'engagement particulièrement restrictives depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
« Nous avons des plans, nous attendons simplement l'autorisation », a déclaré un militaire opérant dans le sud du Liban. Un autre a expliqué que les procédures d'ouverture du feu avaient été considérablement durcies afin d'éviter des incidents diplomatiques, notamment en raison de la présence des forces de l'ONU dans la zone.
Les réactions politiques n'ont pas tardé. L'ancien Premier ministre Naftali Bennett a accusé le gouvernement d'envoyer les soldats au combat « tout en leur attachant les mains dans le dos », tandis qu'Avigdor Lieberman a exhorté l'exécutif à écouter les familles des combattants et l'état-major plutôt qu'à agir en fonction de considérations de survie politique.
Cette polémique intervient alors que les dirigeants israéliens affirment publiquement conserver une « totale liberté d'action » au Liban.