Sécurité

257 officières interpellent le chef d’état-major et les rabbins sur la place des femmes dans Tsahal

Les officières estiment que toute tentative d’influencer la composition des forces armées pour des motifs extérieurs aux besoins opérationnels constitue une menace pour le fonctionnement de l’armée

3 minutes
24 juin 2026

ParJohanna Afriat

257 officières interpellent le chef d’état-major et les rabbins sur la place des femmes dans Tsahal
Soldates de Tsahal Photo : Tsahal

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Un groupe de 257 officières de Tsahal, en activité ou à la retraite, a adressé une lettre au chef d’état-major, Eyal Zamir, ainsi qu’au ministre de la Défense Israël Katz et au directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, pour dénoncer ce qu’elles qualifient de campagne visant à remettre en cause la présence des femmes dans les unités combattantes.

Parmi les signataires figurent six officières au grade de général de brigade, sept colonelles et vingt-huit lieutenantes-colonelles. Elles alertent contre les pressions exercées par certains rabbins et responsables de yeshivot, qui s’opposent à l’intégration croissante des femmes dans les unités de combat.

Dans leur courrier, les officières estiment que toute tentative d’influencer la composition des forces armées pour des motifs extérieurs aux besoins opérationnels constitue une menace pour le fonctionnement de l’armée. Elles affirment que les combattantes représentent aujourd’hui « un atout stratégique » pour Tsahal et rejettent toute remise en question de leur place au sein des forces de défense.

Les signataires demandent au commandement militaire de réaffirmer publiquement les règles relatives au service mixte et de s’opposer aux initiatives qu’elles considèrent comme des tentatives d’exclusion des femmes. Elles appellent également le ministère de la Défense à examiner les relations avec les institutions religieuses qui contestent les directives de l’armée sur ce sujet.

Cette prise de position intervient après plusieurs déclarations de rabbins influents du courant sioniste religieux. Ces dernières semaines, certains d’entre eux ont appelé les étudiants des yeshivot et des programmes préparatoires militaires à éviter certaines unités où servent des femmes combattantes. Des responsables religieux ont également demandé la suspension du recrutement dans les unités blindées à la suite de l’intégration de femmes dans ce corps.

Face à cette polémique, le chef d’état-major Eyal Zamir a réaffirmé, lors d’une récente rencontre avec des rabbins du secteur sioniste religieux, la nécessité pour l’armée de continuer à élargir le recrutement. S'il a accepté de renoncer à l'enrôlement des femmes dans les blindés, le chef de l'armée a souligné que Tsahal faisait face à une pénurie de plusieurs milliers de combattants et que « chaque combattant compte », hommes comme femmes.

Le chef d’état-major a également confirmé que l’intégration des femmes dans de nouvelles fonctions opérationnelles se poursuivrait en fonction des besoins de l’armée et selon des critères professionnels, sans remise en cause des exigences opérationnelles.

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