Sécurité

Turquie, Qatar, Syrie : l’axe régional sous haute surveillance

Pour Israël, la menace régionale ne vient pas seulement de Téhéran. Un ministre met en garde contre un axe islamiste porté par la Turquie, le Qatar et la nouvelle Syrie, avec les Frères musulmans en toile de fond.

2 minutes
24 juin 2026

ParDelphine Miller

Turquie, Qatar, Syrie : l’axe régional sous haute surveillance
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ActuJ

Lors de la Conférence de politique internationale de Jérusalem, Amichai Chikli, ministre israélien des Affaires communautaires et de la Lutte contre l’antisémitisme, a affirmé que la Turquie et la Syrie représentaient aujourd’hui un défi plus préoccupant que l’Iran. Selon lui, un nouvel axe régional se consolide autour de la Turquie d’Erdogan, du Qatar et de la Syrie dirigée par Ahmed al-Sharaa.

Cette analyse repose moins sur les capacités militaires de ces pays que sur leur proximité idéologique avec les Frères musulmans. Longtemps soutenu par Ankara et Doha, ce courant islamiste a essaimé dans toute la région et entretient des liens étroits avec le Hamas.

La Turquie en est aujourd’hui le visage le plus visible. Depuis le 7 octobre, Recep Tayyip Erdogan a multiplié les déclarations hostiles à Israël, qualifiant le Hamas de mouvement de « libération » et accusant Israël d’agir comme un « État terroriste ». Les services de sécurité israéliens accusent également des cadres du Hamas de continuer à planifier des activités depuis le territoire turc.

Le rôle du Qatar est plus complexe. Partenaire stratégique des États-Unis, médiateur dans les négociations sur Gaza, le Liban ou encore l’Iran, l’émirat entretient pourtant depuis des années des relations privilégiées avec les dirigeants du Hamas et soutient plusieurs mouvements proches des Frères musulmans. Cette double position lui permet d’être présent dans presque tous les dossiers régionaux tout en restant un interlocuteur incontournable pour Washington.

La nouvelle Syrie suscite également des interrogations. Depuis la chute de Bachar al-Assad, Ahmed al-Sharaa cherche à obtenir une reconnaissance internationale et bénéficie d’une certaine ouverture de la part des Occidentaux. Mais son passé islamiste et les liens étroits entre Damas, Ankara et Doha alimentent les inquiétudes de nombreux responsables israéliens.

Le paradoxe est que ces trois acteurs entretiennent aujourd’hui de bonnes relations avec l’administration Trump. Le président américain a publiquement salué Erdogan, l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et Ahmed al-Sharaa, les considérant comme des partenaires utiles à la stabilité régionale.

À Jérusalem, certains responsables voient au contraire dans ce rapprochement la montée en puissance d’un bloc islamiste sunnite qui, sans être ouvertement en guerre contre Israël, partage une hostilité profonde envers l’État hébreu et pourrait peser davantage sur l’avenir de la région que l’Iran lui-même.