France

L'historien et résistant Marc Bloch est entré au Panthéon

Il avait été fusillé par la Gestapo en en juin 1944

2 minutes
24 juin 2026

ParJohanna Afriat

L'historien et résistant Marc Bloch est entré au Panthéon
Marc Bloch Photo : Wikipedia

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

ActuJ

À la tombée de la nuit, les deux cercueils ont franchi les portes du Panthéon, drapés de tricolore, sous les regards recueillis des officiels et des descendants. Une entrée empreinte de solennité pour un homme abattu par la Gestapo en juin 1944 en criant « Vive la France ». Cofondateur des Annales d'histoire économique et sociale, résistant de la première heure au sein du mouvement Franc-Tireur, arrêté, torturé, exécuté à 57 ans — la République lui rendait enfin l'hommage qu'elle lui devait.

Pendant une heure et demie, Emmanuel Macron a livré un discours dense et ouvertement politique. Puisant dans L'Étrange défaite, l'ouvrage que Bloch avait consacré à la débâcle de 1940, le chef de l'État a tracé un parallèle avec le présent. « L'esprit de défaite, sans cesse entretenu par ceux qui se proclament plus français que vous », a-t-il lancé, visant sans ambiguïté l'extrême droite — dont la famille avait demandé l'exclusion de la cérémonie. Il a également dressé un long réquisitoire contre l'antisémitisme d'État, en référence directe aux lois de Vichy qui avaient chassé Bloch de la Sorbonne.

Peu avant l'entrée des cercueils, la comédienne Lou de Laâge a lu son testament spirituel : « Je meurs, comme j'ai vécu, en bon Français. »

Il s'agit de la sixième panthéonisation des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, après Simone Veil, Maurice Genevoix, Joséphine Baker, Missak Manouchian et Robert Badinter.