Lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, mercredi 24 juin, Donald Trump a consacré une partie de ses déclarations à la Turquie et à son président, Recep Tayyip Erdogan. Il a évoqué à la fois la guerre contre l'Iran, le rôle d'Ankara au sein de l'Alliance atlantique et une possible évolution du dossier des avions de combat F-35.
Le président américain a affirmé qu'Erdogan aurait pu choisir de soutenir l'Iran lors du récent conflit, mais qu'il avait renoncé après un échange entre les deux dirigeants. « Le président turc Erdogan aurait pu combattre aux côtés de l'Iran parce qu'il n'aime pas Israël, mais je lui ai demandé de ne pas le faire, et il m'a écouté », a déclaré Trump.
Il a ensuite souligné l'importance militaire de la Turquie au sein de l'OTAN : « Les gens ne réalisent pas à quel point la Turquie est grande sur le plan militaire. C'est une armée très forte. » Trump a également confirmé qu'il participerait au prochain sommet de l'OTAN organisé en Turquie.
Interrogé sur un éventuel retour de la Turquie dans le programme F-35, dont elle avait été exclue en 2019 après l'acquisition des systèmes russes S-400, Donald Trump n'a annoncé aucune décision, mais a laissé entendre qu'une évolution était possible. « Je ferai probablement quelque chose qui lui plaira beaucoup », a-t-il répondu.
Ce dossier est particulièrement sensible en Israël. Ces dernières années, Benjamin Netanyahou s'est opposé à plusieurs reprises à une vente de F-35 à la Turquie, estimant qu'elle pourrait remettre en cause le QME (Qualitative Military Edge), l'« avantage militaire qualitatif » d'Israël au Moyen-Orient. Ce principe, inscrit dans la législation américaine, oblige les États-Unis à préserver la supériorité militaire qualitative d'Israël lors de ventes d'armes avancées à d'autres pays de la région.
La question des F-35 intervient dans un contexte de fortes tensions entre Ankara et Jérusalem. Si la Turquie demeure un allié stratégique des États-Unis au sein de l'OTAN, les relations avec Israël se sont fortement dégradées ces dernières années. Depuis le début de la guerre contre le Hamas, Recep Tayyip Erdogan a multiplié les critiques contre l'État hébreu et affiché son soutien au mouvement islamiste palestinien.
Au cours de cette même rencontre, Donald Trump s'est également montré critique envers plusieurs alliés européens. Il a déclaré être « déçu » par l'Italie, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, estimant qu'ils n'avaient pas apporté un soutien suffisant aux États-Unis face à l'Iran. Il s'en est également pris à l'Espagne, avant de saluer l'attitude de la Turquie et de la Pologne.