Sécurité

Débat houleux au cabinet de sécurité sur la politique au Liban

Certains ministres ont fait part de leurs critiques vis-à-vis du cessez-le-feu et des consignes données aux soldats de Tsahal sur le terrain.

3 minutes
26 juin 2026

ParGuitel Benishay

Débat houleux au cabinet de sécurité sur la politique au Liban
Photo: Tsahal

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Lors de la réunion du cabinet de sécurité qui s'est tenue cette nuit (jeudi à vendredi), une confrontation ouverte a éclaté entre plusieurs ministres et l'échelon militaire autour de la politique israélienne au Liban et de la gestion du réarmement du Hezbollah depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Les principales critiques concernaient les règles d'ouverture du feu puisque des témoignages qui remontent de soldats sur le terrain laissent entendre qu'ils ont les mains liées par les arrangements conclus avec le Liban.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a ouvert les débats en réaffirmant le principe fondamental régissant les règles d'ouverture du feu en vigueur : « Les soldats sur le terrain répondent à toute menace immédiate. Nous ne limitons aucun soldat. »

Cette clarification n'a pas suffi à calmer les tensions au sein du cabinet. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a pris la parole pour interroger sur la politique face aux menaces dites « en formation », celles qui ne sont pas encore imminentes mais pourraient le devenir. Il a dénoncé le réarmement continu du Hezbollah qu'il affirme observer : « Si on voit le Hezbollah se réarmer, pourquoi ne pas le désarmer ? »

La ministre Orit Struck s'est jointe à ces critiques, évoquant un sentiment de frustration profond parmi les soldats déployés sur le terrain. Elle a décrit des combattants qui « ont l'impression d'être des cibles dans un stand de tir », tout en saluant la règle de riposte immédiate : « C'est bien qu'ils répondent à toute menace immédiate. »

Le chef d'état-major, Eyal Zamir, a répondu aux critiques en renvoyant les ministres à leurs propres responsabilités. Il a rappelé que le cessez-le-feu avait été décidé par l'échelon politique, et non imposé par l'armée : « Vous avez voulu un cessez-le-feu. »

Ben Gvir a fermement rejeté cette responsabilité, revendiquant sa cohérence : « Je ne veux pas de cessez-le-feu et c'est précisément pour cette raison. » Le ministre de la Sécurité nationale avait en effet publiquement et bruyamment combattu l'accord dès sa conclusion.

Le ministre de la Défense Israël Katz a tenu à rassurer sur les règles d'engagement opérationnelles, insistant sur le fait que « chaque soldat peut répondre immédiatement » à toute menace. Mais le ministre Yitzhak Wasserlauf a apporté une nuance importante : des restrictions de facto demeurent au-delà de la « ligne jaune » fixée par les accords. Netanyahou a pour sa part conclu sur la dimension diplomatique : « Les Américains comprennent notre droit à nous défendre. »

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