Avant le 7 octobre, la plupart des opérations terroristes pilotées depuis l'extérieur de la Judée-Samarie étaient orchestrées depuis Gaza par le Hamas et le Jihad islamique, avec le soutien de l'Iran. Mais les opérations menées depuis le début de la guerre par Tsahal à Gaza, en Judée-Samarie et contre l'Iran ont considérablement perturbé les circuits de financement et les filières de contrebande d'armes.
Aujourd'hui, les services de sécurité israéliens estiment toutefois que Téhéran s'efforce de reconstruire ses infrastructures terroristes.
L'inquiétude en Israël est renforcée par le fait que, depuis le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et avec la probable fin des combats au Liban, la Judée-Samarie est désormais considérée par Téhéran comme le principal théâtre d'action pour promouvoir des attaques terroristes. Une partie importante de ces activités serait coordonnée depuis la Turquie.
Au début de la semaine, le Shin Bet a révélé avoir déjoué des dizaines d'attentats au cours de l'année écoulée, tous téléguidés par des cadres du Hamas installés en Turquie. Selon le service de sécurité intérieure, ces derniers profitent de leur présence sur le territoire turc pour recruter des terroristes, rencontrer des activistes de Judée-Samarie et transférer fonds et armes vers le terrain.
Les méthodes iraniennes reposent sur trois axes principaux : le financement numérique via les cryptomonnaies afin de contourner les systèmes de contrôle traditionnels ; la contrebande d'armes à travers la frontière orientale d'Israël, parfois avec l'aide de passeurs ; et la formation à distance de terroristes grâce à des transferts de savoir-faire technologique.
Pour contrer ces efforts, le Commandement central de Tsahal et la division de Judée-Samarie mènent une campagne ciblée contre les financements terroristes et les « matériaux à double usage », des produits civils susceptibles d'être détournés à des fins militaires. Lors de récentes opérations, d'importantes quantités d'engrais agricoles ont ainsi été saisies.
Autre source de préoccupation : l'apparition éventuelle de drones explosifs en Judée-Samarie, sur le modèle de ceux employés par le Hezbollah au Liban. Les responsables sécuritaires indiquent qu'aucun drone de ce type n'est actuellement opérationnel dans la région, mais l'armée confisque systématiquement tous les appareils repérés.
Les anciens terroristes emprisonnés sont aussi dans le viseur des services de sécuritéAprès les derniers accords de libération d'otages, des centaines de détenus condamnés pour terrorisme sont revenus en Judée-Samarie, certains après près de trente ans de prison. Le Shin Bet et Tsahal suivent de près leurs activités afin d'empêcher la création de nouvelles cellules, notamment à Naplouse, Tulkarem, Hébron et Ramallah.