Le Hamas profite du cessez-le-feu pour reconstruire méthodiquement ses capacités militaires. C’est le constat présenté la semaine dernière au chef d’état-major, le général Eyal Zamir, par les plus hauts responsables du Corps du renseignement militaire et du Commandement Sud lors d’une évaluation de la situation.
D’après les éléments présentés au chef d’état-major, la branche armée du Hamas produit désormais des centaines d’engins explosifs et d’armes antichars chaque mois. L’organisation recrute activement de jeunes Gazaouis âgés de 18 à 22 ans et a récemment repris la formation de nouveaux combattants des unités d’élite Nukhba.
Les responsables du renseignement estiment également que le Hamas tente de faire entrer clandestinement, via le Sinaï, des drones, des équipements de communication et d’autres matériels militaires. Parallèlement, l’organisation poursuit la restauration de son réseau de tunnels et de ses infrastructures souterraines dans l’ensemble de la bande de Gaza.
Les officiers ont averti le chef d’état-major que le Hamas bénéficie aujourd’hui d’une situation favorable sur le terrain. « Le Hamas est fort sur le terrain, personne ne le menace et l’organisation n’est pas prête à renoncer au contrôle de Gaza », ont-ils affirmé.
Face à cette évolution, la position de Tsahal est que les combats doivent reprendre afin d’empêcher le Hamas de retrouver pleinement ses capacités militaires. Cette évaluation a été transmise aux responsables américains.
Selon les informations publiées notamment par la journaliste Ayelet Blumenthal, les États-Unis s’opposent pour l’heure à une reprise des opérations. Washington privilégie le maintien du cessez-le-feu afin de poursuivre la mise en œuvre de la vision du président Trump et du Conseil de la Paix pour Gaza.
Cette divergence met en évidence un désaccord stratégique entre Jérusalem et Washington : l’état-major israélien estime que chaque semaine de cessez-le-feu permet au Hamas de se renforcer, tandis que l’administration américaine privilégie, à ce stade, une approche politique.