Pour le président du Parlement libanais, Nabih Berri, l'accord conclu avec Israël est « dix fois pire » que l'accord du 17 mai 1983. Ce traité de paix signé sous pression américaine est resté dans la mémoire collective libanaise comme un symbole d'humiliation nationale, et finalement abrogé un an plus tard.
Il refuse d'ailleurs même de parler d'« accord », préférant le terme de « dictats » : selon lui, le texte ne protège pas les droits du Liban mais les lui impose.
Berri emploie même le terme de ''fitna'' pour décrire l'accord, mot arabe désignant la discorde fratricide, la guerre civile entre coreligionnaires. En qualifiant ainsi l'accord, il estime qu'il risque de déboucher sur une guerre interne au Liban.
Il exclut cependant toute mobilisation dans la rue ou toute réaction susceptible de plonger le pays dans le chaos et les affrontements internes. Les ministres du mouvement Amal qu'il dirige siégeront aux réunions gouvernementales consacrées à l'accord et y défendront leurs positions.
Pendant que Berri dénonce l'accord, la présidence libanaise en propose une interprétation diamétralement différente. Des sources proches du président Joseph Aoun ont indiqué ce lundi au journal Al-Diyar que ce dernier considère l'accord-cadre avec Israël comme « une voie diplomatique indispensable pour mettre fin au conflit » et comme un premier pas vers le rétablissement de la souveraineté libanaise, via un cadre sécuritaire devant conduire au retrait israélien du territoire libanais.
Ces mêmes sources ont tenu à préciser la nature exacte du texte selon la présidence : il s'agit d'un accord sécuritaire, et non d'un accord de paix ni d'une normalisation des relations avec Israël.
Le président Aoun aurait par ailleurs insisté sur plusieurs priorités : l'amélioration de la situation intérieure, le déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire national et la concentration des armes entre les mains des seules institutions légitimes de l'État conformément aux accords de Taëf, qui avaient mis fin à la guerre civile, et à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.