Une nouvelle enquête d'opinion met en lumière une quasi-égalité au sein du public israélien sur l'une des questions les plus sensibles de l'armée : faut-il privilégier l'intégration des femmes dans les unités blindées ou répondre aux exigences des combattants religieux qui souhaitent des cadres de service séparés ?
Le sondage, réalisé par la chaîne Meshav en partenariat avec l'institut Medad Tzohar LeYahadout VeMassoret, livre un résultat qui interpelle : 50,1 % des personnes interrogées estiment qu'il faut privilégier le recrutement des combattants religieux, contre 49,9 % qui souhaitent poursuivre et élargir l'intégration des femmes dans les blindés. Un écart statistiquement insignifiant qui traduit une société profondément partagée sur ce sujet.
L'un des enseignements les plus surprenants du sondage concerne les femmes elles-mêmes. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle elles soutiendraient massivement l'intégration des femmes soldates dans les chars, seules 52,4 % d'entre elles se prononcent en ce sens. Près de la moitié des femmes interrogées préfèrent donc donner la priorité aux exigences des combattants religieux, quitte à réduire la place des femmes dans les unités blindées.
Chez les hommes, l'écart est tout aussi ténu : 52,6 % d'entre eux privilégient le recrutement des religieux. Ces chiffres proches démontrent que le clivage ne se structure pas principalement selon la ligne de genre.
Concernant la ventilation par tranches d'âge, ce sont les 18-29 ans qui soutiennent le plus massivement la priorité accordée aux soldats religieux, à 59 %. À l'inverse, le soutien à l'intégration des femmes dans les blindés croît avec l'âge, pour atteindre 58 % chez les plus de 65 ans.
Sans surprise, l'appartenance religieuse constitue le facteur le plus déterminant. 90,3 % des orthodoxes et 80,6 % des religieux sionistes se prononcent pour la priorité aux combattants religieux. Du côté laïc, 65,2 % des personnes se définissant comme non-pratiquantes soutiennent la poursuite de l'intégration des femmes dans les blindés.