Rien n'obligeait Netanyahu à se présenter à l'audience de ce lundi. Il a néanmoins choisi de faire le déplacement aux côtés de son avocat Amit Hadad, envoyant ainsi un signal clair sur l'importance qu'il accorde à cette bataille procédurale. Les deux hommes entendaient s'opposer à deux décisions des juges : le passage à cinq jours d'audiences par semaine, et l'obligation de soumettre la liste complète des témoins à décharge, une exigence que la défense cherche à éviter afin de conserver l'effet de surprise, prérogative classique de la défense dans les procès pénaux.
Me Amit Hadad a ouvert les débats en déclarant : « Il n'existe aucun procès qui se soit tenu cinq jours par semaine sauf le procès Eichmann », a-t-il souligné, Netanyahou hochant la tête à ses côtés. Hadad a décrit une situation d'épuisement total de son équipe : « Nous sommes au bord du gouffre. Je n'ai aucune façon d'assurer une défense digne. » Il a ajouté avoir alerté Netanyahou d'une « catastrophe » imminente et avoir envisagé de se retirer du dossier.
Sur la question du calendrier, Hadad a été explicite : si le volet corruption, le plus lourd de l'acte d'accusation, continue de mobiliser autant de témoins, la défense ne sera pas en mesure de terminer avant mars 2028. « Il y aura des centaines de témoins. Nous ne terminerons pas à temps », a-t-il prévenu. Si cette date est critique c'est parce qu'elle correspond au départ à la retraite de la présidente de la Cour, la juge Rivka Friedman Feldman, ce qui expliquerait aussi pourquoi le tribunal a décidé d'accélérer le rythme des audiences.
Le Premier ministre lui-même a pris la parole devant les juges, ce qui est rare. Il a relaté l'appel de son avocat lui annonçant une situation « catastrophique » et a évoqué d'autres procès comme référence : l'affaire dite des « familles du crime » jugée à raison d'une audience par semaine, ou le dossier des sous-marins à deux audiences hebdomadaires.
Netanyahou en a profité pour attaquer frontalement les fondements de l'accusation : « Ce qui a été fait ici, c'est de l'extorsion sur les témoins, la destruction de familles, la dissimulation de preuves. » Il a également cité un rapport des ministères des Communications et de la Justice, ainsi que celui du contrôleur de l'État, affirmant qu'aucune irrégularité n'avait été relevée dans les affaires qui lui sont reprochées.