Le Hezbollah, longtemps considéré comme le principal rempart de l'Iran face à Israël, serait-il devenu davantage un poids qu'un atout ? C'est la thèse défendue par Daniel Byman, professeur à l'université Georgetown et directeur du programme sur la guerre au Center for Strategic and International Studies, dans les colonnes du magazine américain de référence spécialisé en géopolitique et relations internationales.
Selon lui, les nouveaux dirigeants iraniens disposent aujourd'hui d'autres leviers de pression, notamment leur capacité à perturber le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et à menacer les marchés mondiaux de l'énergie. Cette évolution réduirait l'importance stratégique des organisations alliées de Téhéran, telles que le Hezbollah, le Hamas ou les Houthis.
« Les organisations affiliées restent utiles à l'Iran, mais elles ne sont plus au cœur de sa stratégie de dissuasion », estime Daniel Byman. Désormais, les menaces pesant sur les approvisionnements énergétiques mondiaux exerceraient une pression plus rapide et plus crédible que les roquettes du Hezbollah ou les attaques des milices pro-iraniennes.
L'auteur souligne toutefois que ces groupes ne sont pas devenus inutiles. Leur rôle aurait simplement changé. « Aujourd'hui, ils font partie d'un portefeuille plus large de moyens de pression. En réalité, c'est désormais Téhéran qui vient à leur secours, et non l'inverse. »
Selon lui, les événements du 7 octobre ont profondément modifié la donne stratégique. Israël a progressivement cessé de considérer les groupes armés comme un écran protecteur autour de l'Iran et n'hésite plus à frapper directement la République islamique. Dans ce contexte, les organisations pro-iraniennes auraient même contribué à exposer davantage Téhéran qu'à le protéger.