Le baromètre de la confiance des Israéliens dans leurs institutions publié ce mardi par le Bureau central des statistiques impose une conclusion: plus une institution est éloignée de la sphère politique, plus elle recueille l'adhésion du public, et inversement.
Ainsi, c'est le système de santé qui arrive en tête du classement national de la confiance, avec un taux record de 87 % parmi l'ensemble du public. Ce soutien traverse remarquablement les clivages de genre et de communauté : 88 % des hommes et 85 % des femmes lui accordent leur confiance, tandis que l'adhésion atteint même 90 % au sein du public arabe, contre 86 % chez le public juif.
Au sein même de la population juive, le consensus est particulièrement frappant et stable d'un groupe religieux à l'autre : 88 % chez les laïcs, 86 % chez les religieux, 85 % chez les orthodoxes et 84 % chez les traditionalistes. Rares sont les sujets en Israël à générer un tel niveau d'unanimité intercommunautaire.
L'armée israélienne occupe la deuxième place du podium, avec 83 % de confiance globale, dont 61 % qui se disent même « très confiants » envers l'institution militaire. Le niveau de confiance dans Tsahal progresse nettement avec l'âge des répondants : il s'établit à 54 % chez les 20-44 ans, grimpe à 62 % chez les 45-64 ans, pour culminer à 73 % chez les 65 ans et plus, une tendance qui traduit sans doute un attachement institutionnel renforcé par l'expérience vécue des conflits passés.
Il existe néanmoins un clivage sur cette question : 92 % des Juifs font confiance à Tsahal, contre seulement 51 % des Arabes israéliens, et 14 % des répondants arabes déclarent même n'avoir aucune confiance dans l'armée.
Le tableau se dégrade nettement à partir de la troisième place. La police israélienne ne recueille la confiance que de 55 % du public, tandis que 40 % des citoyens s'en méfient dont 22 % qui n'y croient pas du tout et 18 % « pas vraiment ». Si le niveau de confiance dans la police reste relativement stable d'une tranche d'âge à l'autre, il varie sensiblement selon les secteurs de la population: 59 % chez les Juifs contre 40 % chez les Arabes. 69 % des religieux et 64 % des traditionalistes font confiance à la police, contre 52 % chez les laïcs et seulement 48 % chez les orthodoxes.
Le système judiciaire enregistre un score encore plus faible, avec 48 % de confiance globale soit moins de la moitié de la population. Le clivage religieux y est particulièrement marqué : 63 % des laïcs font confiance à la justice, un taux qui chute à 44 % chez les traditionalistes, 32 % chez les religieux, et s'effondre à seulement 13 % chez les orthodoxes, dont une écrasante majorité (environ 63 %) déclare n'avoir aucune confiance dans l'institution judiciaire.