Vie politique

Affaires Netanyahou: révélation choc de l'ancien numéro 2 du Parquet

L'ancien procureur général adjoint, Me Raz Nizri, a révélé sur la radio Galei Israël, que le Parquet était au courant des méthodes douteuses utilisées par la police lors des interrogatoires dans les affaires Netanyahou.

4 minutes
3 juillet 2026

ParGuitel Benishay

Affaires Netanyahou: révélation choc de l'ancien numéro 2 du Parquet
Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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ActuJ

L'ancien procureur général adjoint; Me Raz Nizri, a révélé hier (jeudi) lors d'une interview sur les ondes de Galei Israël que le Parquet avait eu connaissance des méthodes douteuses utilisées par les enquêteurs dans le cadre des interrogatoires sur les affaires Netanyahou. Néanmoins, rien n'aurait été fait pour ''ne pas retarder la procédure'' contre le Premier ministre.

Raz Nizri a expliqué avoir pris connaissance de ces méthodes au stade de l'audition préalable précédant la mise en accusation, et non au moment des faits. Selon lui, dès qu'il en a pris connaissance, il a estimé qu'une enquête immédiate s'imposait, mais celle-ci n'a pas été menée à l'époque car la décision avait été prise de ne pas retarder la procédure pénale en cours.

Ce « tour de force d'interrogatoire » (targil hakira) remonte aux méthodes employées par des enquêteurs de la police israélienne pour faire pression sur Nir Hefetz, ancien conseiller médias de Binyamin Netanyahou devenu témoin à charge dans le dossier 4000, avant qu'il n'accepte un accord de témoin d'État. Selon les révélations publiques faites depuis 2021, notamment par la chaîne israélienne N12, les enquêteurs auraient impliqué une femme proche de Hefetz, l'auraient interrogée sur la nature de sa relation avec lui, l'auraient mise en présence de Hefetz de façon prétendument fortuite dans un couloir, et lui auraient fait comprendre qu'ils « savaient tout » et pourraient faire éclater une « bombe » sur sa famille s'il ne coopérait pas. La révélation de cet épisode, initialement soumise à une ordonnance de non-publication, avait été portée à la connaissance du public par l'ancien ministre de la Justice Amir Ohana, qui avait utilisé son immunité parlementaire pour en dévoiler les détails à la Knesset. Le parquet général avait par la suite reconnu avoir eu connaissance en temps réel de ce procédé d'interrogatoire, contredisant les affirmations de l'ex-procureur général Avichai Mandelblit, qui avait soutenu ne pas en avoir été informé au moment des faits.

Interrogé par Itamar Fleischman et Guy Bussi sur les ondes de la radio Galei Israel, Me Nizri a affirmé : « Sur le moment, je n'étais évidemment pas au courant du tour de force d'interrogatoire pratiqué contre Nir Hefetz. J'en ai entendu parler lors de l'audition préalable. » Il a ajouté : « Je l'ai appris lors de l'audition. Je me suis indigné, d'autres se sont indignés également. J'ai discuté sur place et j'ai dit qu'il fallait vérifier cela immédiatement, en temps réel. Cela n'a pas été vérifié, car il a été décidé que le faire pendant que la procédure était encore en cours, sans qu'un acte d'accusation n'ait encore été déposé, risquait de provoquer des retards. »

Le journaliste Itamar Fleischman a insisté: « Vous êtes en train de me dire que les responsables du système, vous y compris, savaient qu'un tour de force d'interrogatoire aussi grave avait eu lieu, et ont décidé de ne pas enquêter parce que cela aurait retardé d'autres dossiers (sur le Premier ministre, ndlr)? », a-t-il demandé.

Me Nizri s'est défenfu en disant qu'il n'avait pas cherché à protéger le système, mais avait exprimé son désaccord avec la décision prise à l'époque : « Je ne protège pas le système. Je dis clairement que je pensais qu'il fallait vérifier cela. Je l'ai dit en temps réel, et il en a été décidé autrement. »

Ces déclarations interviennent au moment où pour la deuxième fois depuis le début du procès Netanyahou, les juges ont estimé que les accusations de ''corruption'' seraient difficiles à prouver par le Parquet dans le dossier 4000 et ont conseillé d'abandonner ce chef d'accusation. Pour l'heure, le Parquet se refuse à renoncer à cette accusation.

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