Comme annoncé, il y a quelques semaines, l'ONG UN Watch a entamé des démarches afin de poursuivre en justice Philippe Lazzarini, le directeur sortant de l'UNRWA.
UN Watch a demandé au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, de lever l'immunité de Philippe Lazzarini, dont le mandat à la tête de l'UNRWA vient de s'achever, afin de permettre aux autorités compétentes d'enquêter sur lui et, le cas échéant, de le poursuivre pour complicité présumée d'actes de terrorisme, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
La requête a été adressée le 30 juin 2026, le jour même où prenait fin le mandat de Philippe Lazzarini à la tête de l'UNRWA, sous la forme d'une lettre juridique officielle invoquant l'article V, section 20, de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies.
Selon UN Watch, l'immunité dont bénéficient les responsables onusiens a pour seule finalité de protéger les intérêts de l'Organisation des Nations unies, et non ceux des individus qui l'incarnent. L'ONG estime que cette immunité devrait donc être levée dans le cas de Philippe Lazzarini, dès lors qu'elle risquerait autrement de faire obstacle au cours de la justice sans que cela ne porte préjudice aux intérêts de l'institution.
Le directeur exécutif de UN Watch, Hillel Neuer, affirme que son organisation a averti à de multiples reprises Philippe Lazzarini de l'infiltration profonde de l'UNRWA par le Hamas, en lui transmettant des éléments détaillés identifiant des enseignants, des directeurs d'établissements scolaires, des responsables syndicaux et d'autres employés affiliés au mouvement islamiste. UN Watch affirme également avoir documenté des rencontres répétées entre de hauts responsables de l'UNRWA dont Lazzarini lui-même et des dirigeants du Hamas ou d'autres groupes armés, tout en soulignant que ce dernier aurait néanmoins continué d'assurer aux gouvernements donateurs que les mécanismes de neutralité de l'agence étaient efficaces.
L'organisation reproche par ailleurs à l'ancien commissaire général d'avoir continué à superviser le versement des salaires de milliers d'employés de l'UNRWA dans la Bande de Gaza, alors que des liens étroits avec le Hamas et d'autres organisations désignées comme terroristes auraient été démontrés pour un certain nombre d'entre eux.