Une nouvelle étude publiée par l'organisation Hashomer Hachadash et l'institut Riffman pour le développement du Néguev établit un lien direct entre le chantage mafieux exercé par des organisations criminelles et la hausse du coût de la vie en Israël. Selon ce rapport, le racket, l'intimidation visant les agriculteurs, les vols et l'économie souterraine coûteraient à l'économie israélienne environ 23 milliards de shekels par an, soit près de 8 000 shekels supplémentaires par foyer.
''Chaque famille en Israël paie, sans le savoir 8000 shekels par an aux organisations criminelles'', a ainsi déclaré ce dimanche, Yoël Zilberman, le fondateur d'Hashomer Hachadash lors du congrès Israel Hayom.
Selon les conclusions de l'étude, fondée notamment sur des données du ministère des Finances, de l'administration fiscale, des rapports du contrôleur de l'État et sur une enquête nationale, ces coûts ne restent pas à la charge des seuls commerçants et agriculteurs directement visés par les extorsions : ils se répercutent sur l'ensemble de la population à travers la hausse des prix de l'immobilier, de l'alimentation, des assurances automobiles et, indirectement, de la fiscalité.
Des gangs armés mettent les citoyens devant un choix: payer des frais de protection ou voir leur commerce/champ/outils de travail partir en fumée.
Dans le secteur du bâtiment, le coût du racket atteindrait jusqu'à 5 % du budget total d'un projet immobilier, un facteur que les auteurs de l'étude jugent directement responsable d'une hausse de plusieurs dizaines de milliers de shekels sur le prix de vente des logements neufs.
L'enquête nationale intégrée au rapport indique que 73 % des personnes interrogées déclarent avoir été confrontées à une tentative d'extorsion de fonds de protection. Ce taux grimperait à 93 % en Galilée orientale et sur le plateau du Golan, à 90 % dans la région du mont Néguev, à 72 % dans le Goush Dan (région du grand Tel-Aviv) et à 63 % à Jérusalem. Le rapport souligne également que les primes d'assurance automobile ont augmenté de jusqu'à 56 % en deux ans, une hausse attribuée à la multiplication des vols de véhicules et des actes de vandalisme.
L'absence de régulation étatique effective dans le Néguev représenterait à elle seule un coût économique annuel estimé entre 800 millions et 1,5 milliard de shekels, auquel s'ajoutent environ 200 millions de shekels de pertes de recettes fiscales locales liées à l'expansion de l'économie souterraine, ainsi que 250 à 350 millions de shekels dépensés par l'État pour renforcer les dispositifs de sécurité et d'application de la loi dans la région.