Le président de la commission de l'Éducation de la Knesset, le député Zvi Sukkot, a reçu cette semaine un appel pour le moins inattendu. À l'autre bout du fil : un détenu bédouin incarcéré à la prison de Shikma, condamné pour un meurtre commis dans le cadre de violences familiales.
L'homme a expliqué avoir souhaité féliciter le député pour ses visites dans des établissements scolaires arabes israéliens, destinées selon lui à lutter contre les discours de haine et l'incitation à la violence.
Au cours de la conversation, le prisonnier a affirmé avoir grandi dans une école reconnue par le ministère israélien de l'Éducation à Kuseife, où, selon lui, les enseignants diffusaient des messages hostiles aux Juifs. Il affirme avoir été éduqué à considérer qu'une agression contre un Juif était valorisée, tandis qu'une violence envers un Arabe était condamnée.
Selon ce témoignage, la criminalité qui touche une partie de la société arabe israélienne ne serait pas seulement liée au crime organisé, mais trouverait aussi son origine dans une éducation nourrissant le rejet de l'État et des Juifs. « Même le racket a une dimension nationaliste », a-t-il déclaré, estimant que « tout commence à l'école ».
Le détenu est allé jusqu'à affirmer que, sans changement profond de l'éducation, « ses propres enfants reproduiraient le même schéma » s'il retrouvait la liberté.
À l'issue de cet échange, Zvi Sukkot a estimé que ce témoignage constituait « un signal d'alarme ». Selon lui, lutter contre la criminalité et le terrorisme ne peut pas se limiter au travail de la police : « Lorsque des enfants grandissent dans la haine, le résultat est la violence, la criminalité et le terrorisme. » Le député a assuré que la commission de l'Éducation poursuivrait son travail de contrôle des contenus scolaires et conditionnerait les financements publics au respect des valeurs de coexistence et de loyauté envers l'État.