La chaine israélienne Kan révèle ce lundi comment Tsahal a tiré les leçons de l'échec du 7 octobre en refondant ses ordres d'alerte, l'organisation de ses forces et sa conception de la défense des frontières.
La doctrine de défense qui s'est effondrée le 7 octobre 2023 - fondée sur une protection statique de la ligne frontalière physique - a été remplacée par une approche dynamique et avancée, projetée en profondeur dans le territoire adverse. Depuis le début de la guerre, Tsahal maintient une emprise opérationnelle sur environ 1 220 kilomètres carrés en territoire ennemi, notamment dans la Bande de Gaza et le sud Liban. Au sein de l'appareil de sécurité israélien, on souligne que l'ampleur et la profondeur du dispositif défensif actuel sont supérieures de plusieurs centaines de pour cent à la situation qui prévalait à la veille de la guerre, le 6 octobre 2023.
Le changement le plus marquant concerne l'élaboration d'un tout nouvel ordre d'alerte et d'urgence de l'état-major général, baptisé « Ra'am » (tonnerre). Cette procédure prévoit une réponse distincte, différenciée et précise selon qu'il s'agisse d'un scénario limité à un seul secteur ou d'un scénario complexe touchant plusieurs secteurs à la fois.
La principale leçon tirée de la défaillance de la chaîne de commandement observée le matin du massacre a été traduite dans les faits : la nouvelle procédure confère désormais aux commandants de division et aux commandements territoriaux une autorité autonome et légale pour ordonner immédiatement la mobilisation de forces régulières et de réservistes en nombre important, afin de permettre une riposte rapide et puissante sur le terrain dans des scénarios extrêmes, sans attendre l'aval de l'état-major général. Selon plusieurs médias israéliens, quand un commandant de division déclenche cette procédure, des pouvoirs élargis sont également délégués aux pilotes de combat, autorisés à frapper des cibles préalablement définies sans attendre d'instruction en temps réel si le contact avec l'état-major venait à être rompu.
Autre évolution notable : alors qu'avant la guerre, chaque secteur sécuritaire ne disposait que d'un seul ordre de riposte prédéfini, chaque commandement dispose désormais d'un éventail large et diversifié de réponses opérationnelles, adaptées aux différents types d'événements, afin de gagner en précision et en rapidité dans la réponse militaire. Les délais d'alerte des unités combattantes ont par ailleurs été considérablement réduits, et l'ordre de bataille des bataillons de l'état-major affectés aux différents secteurs a été renforcé.
Parallèlement à ces changements sur le terrain, l'état-major général a décidé de créer une brigade de la sécurité au sein de la direction des opérations, appelée à devenir l'organe de l'état-major chargé de centraliser, synchroniser et piloter l'ensemble des domaines liés à la sécurité au sein de Tsahal - sécurité de l'information, protection des camps et des bases militaires, et sécurité individuelle des officiers et des soldats.
Cette unité dédiée se trouve actuellement dans une phase avancée de constitution et devrait, selon le plan opérationnel, entamer son activité officielle dans les prochains mois.