Ouvert il y a un mois environ rue Agrippas, à Jérusalem, le café Basimta a été la cible ce samedi d'une manifestation d'orthodoxes venus protester contre son ouverture le Shabbat.
Le propriétaire, Yoel Ben David, a expliqué à la presse être « originaire de Jérusalem » et avoir voulu répondre au manque de lieux de loisirs ouverts le samedi dans la ville. Il a indiqué avoir déposé plainte auprès de la police après que les incidents ont pris, selon lui, une tournure agressive.
C'est dans ce contexte que le site d'information Arutz7 a publié un enregistrement d'une conversation entre des membres de l'association Or LeAchim, qui lutte contre l'activité missionnaire en Israël, et Yoel Ben David lui-même. Interrogé sur la structure de propriété de son établissement et sur son lien avec le mouvement missionnaire, Ben David y explique que le café n'appartient pas directement à l'association « Jews for Jesus », mais à une société à responsabilité limitée dénommée « Ariel 23 ». Selon ses propres mots, rapportés par Arutz7, « le café appartient à la société, et la société appartient à Jews for Jesus ». Il précise ensuite qu'il s'agit d'une société à responsabilité limitée ordinaire, mais que « les parts de la société appartiennent à l'association ».
Toujours selon les informations obtenues par Arutz7, la société Ariel 23 partage ses bureaux avec l'association « Jews for Jesus » à Tel-Aviv.
Contacté par Arutz7, Yoel Ben David a livré sa version des faits : il affirme avoir d'abord reçu un appel d'une personne se présentant comme « Danny », prétendant représenter un journal newyorkais appelé « The Jerus[alem] ». Il dit ne pas avoir compris la nécessité de dissimuler son identité, affirmant qu'il est déjà de notoriété publique que son groupe exploite d'autres établissements, comme le café Nahmani à Tel-Aviv, dont le lien avec les activités missionnaires a déjà fait l'objet de plusieurs articles. Il insiste par ailleurs sur le fait que les manifestants ne se sont pas mobilisés en raison d'un quelconque lien avec les activités missionnaires, mais bien parce que l'établissement est ouvert le Shabbat. Selon lui, tenter de transformer le débat en une controverse sur sa foi personnelle ou celle de l'association ne contribuerait pas à apaiser les tensions, et pourrait au contraire alimenter une violence sévère de la part des éléments les plus radicaux.
De son côté, l'organisation Or LeAchim, fondée en 2017 pour lutter contre l'activité missionnaire et l'assimilation en Israël, a réagi en des termes très critiques. Selon son communiqué, il s'agit d'une « tromperie grave envers le public et les médias israéliens » : présenter l'établissement comme un « café innocent » persécuté pour son ouverture le Shabbat constituerait une mise en scène « mensongère et calculée ». L'organisation affirme que Yoel Ben David n'est pas un simple entrepreneur jérusalémite, mais un « missionnaire chevronné et haut placé », qui dirigerait l'antenne jérusalémite de l'organisation missionnaire « Jews for Jesus ». Selon Or LeAchim, le café aurait été fondé et financé par une société appartenant à cette organisation, dans le but de servir de plateforme discrète de prosélytisme au cœur de Jérusalem.
L'association accuse par ailleurs les milieux missionnaires d'exploiter cyniquement la sensibilité publique autour de la question du Shabbat afin de bénéficier d'une couverture médiatique favorable et d'une forme d'immunité, tout en dissimulant leur véritable identité. Elle appelle les médias israéliens et le grand public à ne pas tomber dans ce qu'elle qualifie de piège, à vérifier les faits, et à ne pas contribuer à « blanchir » une activité missionnaire agressive envers les habitants de Jérusalem, rappelant que certaines activités de ce type ont déjà frôlé l'illégalité par le passé.