Alors que le Président américain Donald Trump est attendu en Turquie cette semaine pour le sommet de l'OTAN et pourrait acter la vente de matériel militaire à Ankara, plusieurs voix s'élèvent aux Etats-Unis contre de telles transactions avec le régime d'Erdogan.
Ainsi, un groupe de membres du Congrès américain issus du Parti démocrate a déposé la semaine dernière une résolution parlementaire visant à empêcher la vente de moteurs de chasse avancés F110 à la Turquie.
L'initiative est menée par l'élue démocrate du Nevada Dina Titus, considérée comme l'une des critiques les plus virulentes du gouvernement turc au Congrès. Sa résolution conjointe de désapprobation vise la notification officielle transmise par l'administration américaine au Congrès le 24 juin dernier, dans le cadre de la loi sur le contrôle des exportations d'armements (Arms Export Control Act). Le texte cherche à bloquer non seulement le transfert des moteurs General Electric F110-GE-129E/F, mais aussi l'ensemble des données techniques, services et soutiens nécessaires à leur intégration, leur installation et leur certification sur l'avion de chasse turc de conception nationale KAAN.
Plusieurs autres élus démocrates ont rejoint l'initiative.
Sur le réseau social X, Dina Titus a justifié sa démarche : « Le régime du président turc Erdoğan a multiplié les menaces d'action militaire contre des alliés de l'OTAN et d'autres pays partenaires. » Elle a précisé que son objectif était de stopper la vente des moteurs F110, qui selon elle « nuirait à la stabilité régionale et constituerait une menace pour les alliés des États-Unis ».
Au-delà de cette résolution, Dina Titus a indiqué travailler à l'élaboration d'une lettre destinée à la direction de la Chambre des représentants, dans le but d'empêcher toute tentative future de réintégrer la Turquie dans le programme d'avions de chasse F-35. Elle a par ailleurs affirmé s'être adressée à des élus républicains également connus pour leurs critiques envers le gouvernement turc, les appelant à soutenir son initiative - une démarche qui semble trouver un écho bipartisan, plusieurs élus républicains ayant eux aussi exprimé publiquement leur opposition à la vente d'armements avancés à Ankara.
La polémique a également gagné les médias conservateurs. L'animateur américain Mark Levin, généralement soutien de Donald Trump mais déjà critique du mémorandum d'entente signé par l'administration avec l'Iran, a vivement attaqué le projet de vente de F-35 à la Turquie. Sur X, il a écrit : « Arrêtez de donner notre meilleure technologie à ce fou islamiste d'Erdoğan ! La Turquie est devenue membre de l'OTAN bien avant qu'il ne s'empare du pouvoir. » Il a également dénoncé le bilan du dirigeant turc, soulignant les persécutions visant des chrétiens en Syrie et les Kurdes, les menaces contre Israël et la Grèce, et sa proximité avec la Russie et l'Iran, concluant que cet accord ne ferait que « le renforcer et lui donner un vent favorable ».