L'eurodéputée de La France insoumise (LFI) Rima Hassan doit comparaître mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre d'accusations d'apologie du terrorisme. Au cœur du dossier figure un message publié sur le réseau social X en mars dernier, dans lequel l'élue franco-palestinienne citait Kozo Okamoto, l'un des auteurs de l'attentat meurtrier perpétré en 1972 à l'aéroport de Lod, près de Tel-Aviv.
Le message, depuis supprimé, reprenait une citation attribuée à l'ancien membre de l'Armée rouge japonaise : « Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Ce post avait conduit le ministre de l'Intérieur à saisir la justice, rejoint par plusieurs organisations, dont l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
Pour le parquet, ces propos sont susceptibles de constituer une apologie du terrorisme. L'attentat de l'aéroport de Lod, revendiqué par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et exécuté par trois membres de l'Armée rouge japonaise, avait fait 26 morts et des dizaines de blessés.
Rima Hassan rejette fermement les accusations. À la veille de son procès, elle a dénoncé une procédure visant, selon elle, à faire taire les voix engagées en faveur de la cause palestinienne.
« Ce procès est politique. Il vise à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens », a-t-elle déclaré sur le réseau X.
Dans un entretien accordé au Nouvel Obs, l'eurodéputée affirme s'être « sentie trahie » par la France et évoque un véritable « acharnement » à son encontre. Elle rappelle notamment qu'un membre du gouvernement avait publiquement évoqué la possibilité de lui retirer la nationalité française, une déclaration qu'elle juge révélatrice du climat entourant cette affaire.
Son avocat, Me Vincent Brengarth, estime pour sa part que cette procédure soulève une question fondamentale de liberté d'expression. Selon lui, la justice cherche à « criminaliser une voix propalestinienne » en raison de ses prises de position.
L'affaire avait déjà suscité une vive polémique au début du mois d'avril, lorsque Rima Hassan avait été placée en garde à vue. Son avocat avait dénoncé une procédure « illégale », estimant que le parquet avait détourné les règles de la flagrance afin de contourner l'immunité parlementaire de l'élue européenne.