Culture

''Le chant du drone'': le tube de la guerre créé par un enfant de 11 ans devient le sujet de multiples poursuites en droit d'auteur contre des petits commerçants

La chanson composée par le jeune Nir Kriegel, âgé de 11 ans, pendant la guerre entre Israël et l'Iran, est devenue un succès viral et le point de départ de plusieurs poursuites judiciaires visant de petits entrepreneurs qui l'ont utilisée sans autorisation.

4 minutes
7 juillet 2026

ParGuitel Benishay

''Le chant du drone'': le tube de la guerre créé par un enfant de 11 ans devient le sujet de multiples poursuites en droit d'auteur contre des petits commerçants
Photo: IStock

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En pleine guerre avec l'Iran, lors de l'opération Rugissement du Lion, le jeune Nir Krigel, âgé de seulement 11 ans, a transformé une réalité quotidienne stressante en un succès musical viral intitulé "Shir HaKatbam" (Le chant du drone). En quelques semaines, ce morceau s'est imposé comme l'hymne incontournable des réseaux sociaux en Israël. Au total, il a accumulé des millions de vues sur les réseaux sociaux.

Tout commence par une observation simple depuis le balcon de sa maison. Intrigué et inquiet par les bruits aériens, Nir Krigel commence à fredonner des paroles simples : "Qu'est-ce que c'est là-haut dans le ciel ? (...) C'est un drone !".

La chanson s'appuie sur un rythme techno-pop entrainant et des paroles répétitives qui ont tout de suite été adoptées par le public, comme une sorte de moyen de décompresser dans une réalité angoissante.

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Preuve de son impact massif, la chanson est rapidement sortie des écrans de smartphone pour intégrer la culture populaire globale. Le géant de l'assurance israélien Direct Insurance a sauté sur l'occasion pour signer un contrat avec le jeune garçon, transformant son tube en une campagne publicitaire nationale à gros budget.

Cependant, une controverse juridique fait désormais rage concernant les droits d'auteur du morceau. Les créateurs et les représentants du jeune Nir ont exigé des compensations financières pour l'utilisation par certains petits commerces de la chanson sur leurs réseaux sociaux.

L'émission « HaTsinor », diffusée sur la chaîne Reshet 13, a révélé le cas d'un coach sportif de Guivataïm, qui avait utilisé la chanson pour promouvoir son activité sur Instagram. Il fait l'objet d'une poursuite réclamant 100 000 shekels pour violation du droit d'auteur.

Selon les informations rapportées, l'entrepreneur avait retiré la publication litigieuse et proposé un dédommagement de 3 000 shekels à l'enfant, une offre rejetée, la demande initiale s'élevant à 25 000 shekels. Face à son refus, la poursuite de 100 000 shekels a finalement été déposée devant le tribunal.

Selon le journal économique Globes, la plainte porte non seulement sur l'usage de la musique elle-même, mais également sur l'utilisation de la phrase la plus associée à la chanson, reprise dans la vidéo promotionnelle du coach.

Le coach sportif n'est pas un cas isolé. Le propriétaire d'un studio, a indiqué avoir reçu une réclamation après avoir publié un message rendant hommage à l'un de ses enseignants, qui reprenait une phrase apparemment associée à la chanson sans qu'aucune musique n'ait été diffusée pour une publication n'ayant totalisé que 600 vues, réclamation elle aussi fixée à 100 000 shekels. Une responsable des réseaux sociaux a par ailleurs rapporté avoir été poursuivie pour 50 000 shekels après la mise en ligne d'une vidéo générée par intelligence artificielle utilisant la chanson, qui n'avait totalisé que 300 vues.

Ces petits commerçants déplorent la tournure des événements insistant sur le fait que les sommes qui leur sont réclamées pourraient signer la fermeture de leur affaire.

L'avocat Ariel Dubinsky, qui représente Nir Kriegel, a affirmé que son cabinet défendait un créateur de 11 ans dont les droits d'auteur avaient été violés sans autorisation. Selon lui, il s'agit d'une œuvre originale dont la production, l'enregistrement et la diffusion ont nécessité un investissement de plusieurs dizaines de milliers de shekels, et qui a bénéficié d'une exposition importante sur les réseaux sociaux, dans les médias et sur les plateformes musicales.

Il a précisé qu'une démarche amiable avait été entreprise avant toute action en justice, dans le but de parvenir à une solution négociée et d'éviter une procédure judiciaire, mais que cette tentative n'avait pas abouti. Il a averti que si la société acceptait l'idée qu'une œuvre créée par un jeune créateur puisse être utilisée commercialement sans autorisation au seul motif qu'il n'est pas un artiste établi, c'est la protection de l'ensemble des créateurs en Israël qui s'en trouverait fragilisée.

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