Le week-end dernier, Washington a initié un débat spécial au Conseil de sécurité de l’ONU. Des responsables politiques américains ont présenté le régime iranien comme une menace persistante pour la paix mondiale, non seulement en raison de la répression sanglante des manifestants, mais aussi de sa politique régionale, de son soutien aux organisations terroristes et de la poursuite de ses programmes nucléaire et balistique. Selon ces sources, cette initiative s’inscrit dans une stratégie de long terme de l’administration Trump visant à isoler Téhéran et à préparer le terrain à une confrontation diplomatique, voire militaire.
Le message de Washington se veut double : soutien public aux manifestants iraniens et avertissement explicite quant à l’examen de mesures plus dures, y compris une action militaire, si la répression devait se poursuivre.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a évoqué ouvertement la possibilité d’un changement de régime, après que le guide suprême iranien Ali Khamenei l’a accusé d’être à l’origine des troubles. Dans un entretien à Politico, Trump a déclaré qu’« il est temps de chercher une nouvelle direction pour l’Iran », qualifiant Khamenei de « dirigeant malade » et appelant à mettre fin aux violences contre la population.
De son côté, Reza Pahlavi, fils du shah déchu, a appelé les Iraniens à retourner dans la rue, après l’écrasement du mouvement. Dans un message publié sur X, il a salué le « courage des citoyens » et assuré que « le monde voit votre bravoure et apportera un soutien plus clair et plus concret à votre révolution nationale ».
Selon des sources iraniennes, le pays connaît aujourd’hui un calme fragile, après un cycle de répression meurtrière qui a suscité des craintes d’exécutions massives parmi les milliers de personnes arrêtées. Les manifestations avaient débuté le 28 décembre, sur fond de dégradation des conditions de vie, avant de se transformer en un mouvement politique d’ampleur réclamant la chute du régime en place depuis la révolution islamique de 1979.
D’après des données du renseignement israélien, environ 1 000 manifestants auraient été tués à Téhéran et au moins 3 000 dans le reste du pays. Près de 30 000 personnes auraient été blessées. Les organisations de défense des droits humains évoquent jusqu’à 20 000 arrestations. La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, avance un bilan bien plus lourd, évoquant au moins 12 000 morts, sur la base de sources gouvernementales et sécuritaires iraniennes.
En Israël, des responsables sécuritaires estiment que le régime a démontré une capacité de résilience rapide. L’armée, les milices Bassidj et les Gardiens de la révolution sont en alerte maximale et prêts à intervenir avec une force accrue. À ce stade, aucun indice clair d’effondrement du régime n’est observé. Toute tentative de le renverser, de l’intérieur ou de l’extérieur, pourrait déboucher sur une escalade violente, des représailles régionales et un conflit élargi.
Ces mêmes sources soulignent que des frappes aériennes seules auraient peu de chances de provoquer la chute du régime. Malgré la crise économique, le pouvoir conserve une base de soutien non négligeable. Un affrontement militaire risquerait en outre de déborder au-delà des frontières iraniennes, d’ouvrir de nouveaux fronts et de plonger la région dans une guerre majeure.
À Washington, l’administration Trump voit dans la contestation une fenêtre d’opportunité, potentiellement combinable avec une pression militaire accrue. Mais aucune décision finale n’a été prise. La priorité reste, pour l’heure, l’épuisement de la voie diplomatique, afin d’arracher à Téhéran des concessions substantielles, notamment sur l’enrichissement de l’uranium et la production de missiles balistiques. En cas d’échec, l’option militaire gagnerait en crédibilité, tandis que le renforcement du dispositif américain se poursuit.
En parallèle, le régime iranien tente de conjuguer répression et démonstration de force, organisant des rassemblements de soutien destinés à afficher une cohésion interne et une assise populaire suffisante pour se maintenir.
Quel scénario l’emportera ? Pour des responsables sécuritaires, la probabilité d’une issue diplomatique demeure limitée. Téhéran devrait maintenir une ligne dure, tandis que les acteurs extérieurs, au premier rang desquels les États-Unis et Israël, n’excluent pas l’usage de la force si la pression intérieure s’avère insuffisante.
Plusieurs scénarios sont évoqués : une frappe américaine limitée, combinée à une reprise des manifestations, qui éroderait progressivement les capacités du régime ; un nouvel accord nucléaire, gelant l’enrichissement et les programmes balistiques, permettant au régime de survivre ; la survie du régime sans accord ni guerre, sur fond d’affaiblissement interne, avec le risque de futures vagues de protestation et, à terme, une frappe israélienne ciblée contre les capacités balistiques.
En Israël, des responsables estiment que certaines capitales occidentales privilégient un changement de comportement plutôt qu’un changement de régime, par crainte d’un vide du pouvoir et du chaos. D’autres jugent au contraire que le régime iranien a atteint la fin de son cycle historique et que son remplacement est devenu inévitable.
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