Après l'étude réalisée par des chercheurs israéliens établissant que Shakespeare n’avait pas écrit toute ses oeuvres, une nouvelle hypothèse, révélée dans l'ouvrage The real Shakespeare d'Irene Coslett, provoque une onde de choc dans les milieux culturels britanniques et le monde de la littérature. L’autrice affirme que Bassano - poétesse ayant vécu sous la dynastie des Tudors et proche de la cour royale - serait la véritable plume derrière les pièces et les sonnets qui ont fondé la légende shakespearienne. Selon cette thèse, Bassano aurait écrit l’ensemble des œuvres sous le pseudonyme « Shakespeare », tandis que l’homme de Stratford, futur William Shakespeare, aurait servi de façade et récolté la reconnaissance publique. Coslett avance que cette dissimulation aurait été rendue possible par les normes culturelles de l’époque, profondément marquées par une vision masculine, blanche et chrétienne de la création intellectuelle.

L’autrice soutient que l’histoire littéraire occidentale a volontairement effacé Bassano en raison de son identité multiple : femme, juive et d’ascendance maure : « Si Shakespeare avait été reconnu comme une femme issue d’une minorité, cela aurait mis en lumière des thèmes de justice, d’égalité et de paix bien plus tôt dans la culture occidentale ».
Les partisans de cette thèse rappellent également que depuis des décennies, des chercheurs doutent de la capacité de William Shakespeare, fils d’un gantier sans formation universitaire, à produire une œuvre d’une telle richesse linguistique, juridique, historique et musicale. Le livre souligne l’incapacité des historiens à expliquer comment un homme issu d’un milieu provincial aurait pu acquérir une érudition aussi vaste.
À l’inverse, Emilia Bassano aurait grandi dans la Venise cosmopolite du XVIᵉ siècle, au carrefour des cultures chrétienne, juive et musulmane. Cette identité multiculturelle lui aurait permis d’intégrer dans ses écrits des influences multiples, perceptibles dans les thèmes, les personnages et les références des pièces attribuées à Shakespeare. L’ouvrage affirme également que certaines œuvres contiennent des allusions voilées à la vie personnelle de Bassano, ainsi que des piques dirigées contre son mari, Alfonso Lanier, et contre l’homme de Stratford.
Le livre avance enfin que des portraits de Bassano auraient été volontairement « éclaircis » avec le temps, la peau claire étant considérée comme un idéal esthétique sous le règne d’Élisabeth Iʳᵉ. Pour Coslett, l’effacement de Bassano relève d’un double biais : « Il ne s’agit pas seulement de misogynie historique, mais aussi de racisme. Elle était à la fois juive et maure, et cette identité a été gommée par les historiens modernes ».
Si la thèse divise profondément les spécialistes, elle relance un débat ancien sur la paternité - ou la maternité - des œuvres shakespeariennes et interroge, au-delà de la littérature, la manière dont l’histoire culturelle occidentale a sélectionné ses génies… et invisibilisé d’autres voix.
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