Après trois heures de discussions indirectes à Genève, les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, perçus comme une ultime chance d’éviter une guerre, ont été suspendus temporairement. Les délégations doivent reprendre les échanges dans la soirée, sous médiation du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, qui a évoqué des « idées créatives et positives ».
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismaïl Baghaei, a qualifié les discussions d’« intenses et sérieuses », précisant que des propositions « opérationnelles » ont été avancées concernant le nucléaire et la levée des sanctions. Mais il a reconnu l’existence de divergences persistantes.
Selon le Wall Street Journal, Washington a présenté cinq demandes majeures : le démantèlement total des installations nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan, le transfert de l’ensemble de l’uranium enrichi iranien aux États-Unis - et non à un pays tiers - ainsi qu’un accord permanent, sans limite de durée. Les États-Unis exigeraient également un principe d’« enrichissement zéro », avec toutefois une possible exception pour le réacteur de recherche de Téhéran à des fins médicales.
Autre point de friction : le calendrier de levée des sanctions. Téhéran réclame une suppression complète et immédiate, tandis que Washington privilégie une levée progressive conditionnée au respect des engagements.
Un haut responsable iranien a déclaré à Al-Jazeera que certaines exigences américaines sont « totalement rejetées », notamment le principe d’un enrichissement nul à perpétuité, le démantèlement complet des installations et le transfert des stocks. L’Iran propose une suspension temporaire de l’enrichissement pour une durée de trois à cinq ans, suivie d’une intégration dans un consortium nucléaire régional avec un enrichissement limité à 1,5 % à des fins médicales. Téhéran accepterait également un contrôle renforcé de l’Agence internationale de l’énergie atomique -AIEA- et une réduction progressive de son stock d’uranium enrichi à 60 %, estimé à plus de 400 kilos.
Les discussions interviennent alors que les États-Unis ont déployé deux porte-avions, dont l’USS Gerald Ford, attendu au large d’Haïfa. Le président Donald Trump, qui a fixé un délai de « 10 à 15 jours » pour parvenir à un accord, affirme privilégier une solution diplomatique, tout en avertissant que l’absence d’entente entraînerait « des conséquences très graves ».
En Israël, le scepticisme domine quant aux chances d’un compromis. Les divergences restent profondes, notamment sur l’enrichissement d’uranium et le programme balistique iranien, que Washington souhaite également aborder.
La reprise des discussions en soirée dira si la fenêtre diplomatique reste ouverte ou si la région s’approche d’un nouveau point de rupture.
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