Avocate de formation, au ton direct et posé, elle a utilisé chaque tribune internationale – aux côtés du président Isaac Herzog lors de visites d’État, au Forum économique mondial de Davos, à la Conférence de Munich sur la sécurité ou dans des médias comme CNN et Fox News – pour maintenir la question à l’agenda mondial.
Pendant plus de deux ans, explique-t-elle, elle s’est abstenue de parler d’antisémitisme face au déni et au silence d’une partie de la communauté internationale. « Je pensais que des responsables d’organisations comme ONU Femmes sauraient s’élever au-dessus de cela, leur mission étant de défendre les droits des femmes », confie-t-elle. Aujourd’hui, elle estime ne plus pouvoir ignorer « qu’il s’agit en partie d’antisémitisme, mêlé à de l’anti-sionisme et de l’anti-israélisme ».
Dans les mois qui ont suivi l’attaque du 7 octobre, alors que les corps étaient identifiés et enterrés, les preuves se sont accumulées : viols, agressions sexuelles et mutilations commis dans des kibboutz, sur des bases militaires et sur le site du festival Supernova, où plus de 300 personnes ont été assassinées. Pourtant, contrairement à d’autres conflits, aucune mobilisation internationale d’ampleur comparable à #BringBackOurGirls ou #MeToo n’a émergé.
Herzog raconte que c’est lors d’une visite sur une base militaire, face à des soldates lui présentant des éléments tangibles, qu’elle a pleinement compris l’ampleur du phénomène. « C’est là que j’ai réalisé à quel point c’était vaste et systématique », dit-elle. Selon elle, les premiers jours de chaos, l’ampleur des pertes humaines et le traumatisme ont retardé la prise de conscience publique.
Depuis, d’anciens otages – femmes et hommes – ont commencé à témoigner des violences subies en captivité. Ces voix, estime-t-elle, ne sont qu’un début. Mais elle doute que les preuves supplémentaires convainquent ceux qui persistent à nier les faits.
Elle pointe également les critiques et pressions subies par des responsables onusiens qui ont reconnu les crimes, notamment Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU sur les violences sexuelles en conflit. Un rapport publié en mars 2024 a conclu à des informations « claires et convaincantes » sur des viols, des violences sexualisées et des traitements cruels infligés aux victimes et aux otages.
Pour Michal Herzog, le 7 octobre marque une rupture : si les violences sexuelles existaient déjà dans le conflit israélo-palestinien, une étude récente de l’Université de Haïfa suggère qu’elles n’avaient jamais atteint un niveau aussi planifié et massif. « Ce qui s’est produit ce jour-là était prémédité et systématique », affirme-t-elle.
Au-delà du cas israélien, la Première dame alerte sur un risque d’escalade globale. « Nous crions pour les femmes israéliennes qui n’ont plus de voix, mais nous crions pour les femmes, tout court », dit-elle, avertissant que les experts redoutent une aggravation de ce type de crimes dans d’autres conflits.
Récemment revenue d’Australie, où elle et le président ont exprimé leur solidarité après l’attaque meurtrière de Bondi Beach, Herzog évoque aussi la montée des manifestations hostiles et des discours virulents à l’étranger. Face à cela, elle appelle à l’unité et à la solidarité, en particulier entre femmes juives.
À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, son message se veut universel : « Le 7 octobre a montré la force, le courage et les capacités des femmes. Nous devons travailler ensemble et nous soutenir davantage. »
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