Culture

Le concours de piano Arthur Rubinstein entre l’Allemagne et Tel-Aviv, sur les traces d’un héritage musical juif oublié

Pour sa 18e édition, l'évènement adopte un format inédit en raison du contexte sécuritaire, cette année, les candidats doivent aussi interpréter des œuvres de compositeurs juifs de l’entre-deux-guerres,

3 minutes
13 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Le concours de piano Arthur Rubinstein entre l’Allemagne et Tel-Aviv, sur les traces d’un héritage musical juif oublié
Le légendaire pianiste Arthur Rubinstein fait un baise-main à Golda Meir, alors Première ministre d’Israël, libre de driuts

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Le Concours, l’un des plus réputés au monde, se tient cette année dans un format exceptionnel. Habituellement organisé tous les trois ans à Tel-Aviv, il a été scindé en deux temps pour sa 18e édition, en raison de la situation sécuritaire. Après les premières étapes qui ont eu lieu en Allemagne, les phases finalesse tiendront du 3 au 9 septembre à Tel-Aviv, au Musée d’art de Tel-Aviv et à l’auditorium Charles Bronfman.

Les six finalistes - Roman Fediurko, Uladzislau Khandohi, Stanislav Korchagin, Philipp Lynov, Jinhyung Park et Dmitry Yudin - y interpréteront de la musique de chambre et des concertos classiques avec l’Israel Camerata Jerusalem, avant l’ultime finale avec l’Orchestre philharmonique d’Israël. Le jury réunit plusieurs grandes figures du piano, dont Martha Argerich et Daniel Barenboim, sous la présidence d’Arie Vardi, lauréat du Prix Israël.

Fondé en 1974 et nommé en hommage au pianiste juif polonais Arthur Rubinstein, fervent soutien de l’État d’Israël, le concours a contribué à lancer la carrière de pianistes majeurs, parmi lesquels Daniil Trifonov et Emanuel Ax.

L’édition 2026, qui réunit des candidats venus d’Asie de l’Est, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, dont cinq Israéliens, se distingue surtout par son orientation thématique. En plus du grand répertoire classique occidental, tous les candidats doivent interpréter des œuvres de compositeurs juifs de l’entre-deux-guerres dont les trajectoires ont été brisées par la Shoah ou profondément bouleversées par la Seconde Guerre mondiale. Longtemps, et dont les oeuvres sont longtemps restées dans l’ombre de l’histoire.

Le concours met ainsi en lumière la diversité des rapports entre identité juive et écriture musicale. Certains compositeurs, notamment néerlandais, avaient une approche largement assimilée, sans référence explicite aux traditions juives. D’autres, comme Pavel Haas, Schulhoff ou Viktor Ullmann à certaines périodes, ont intégré des influences slaves, moraves ou régionales. D’autres encore, tels Mieczysław Weinberg ou Alexandre Tansman, ont alterné entre œuvres explicitement juives et langage moderniste occidental. Enfin, certains ont ouvert la voie à une esthétique plus proche du monde moyen-oriental ou sioniste naissant, comme Ullmann dans sa Sonate pour piano n°7 ou Mario Castelnuovo-Tedesco.

Les finales de septembre à Tel-Aviv seront également retransmises en ligne.

Le saviez-vous ?

À Aminadav, dans les collines de Jérusalem, la forêt Arthur Rubinstein abrite un hommage singulier au grand pianiste : un clavier de piano sculpté dans le marbre par l’artiste israélien Dani Karavan. Avant sa mort, Rubinstein avait demandé que ses cendres soient dispersées sur cette terre d’Israël qu’il aimait tant. Le rabbinat s’y opposa, mais Teddy Kollek, alors maire de Jérusalem, obtint un compromis : ses cendres furent placées dans une petite jarre, déposée près du clavier de marbre.

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