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Le « jeudi noir » de la high-tech israélienne inquiète le gouvernement

Après une vague de licenciements chez plusieurs géants technologiques, le ministre des Finances Bezalel Smotrich annonce la création d'une équipe chargée d'évaluer l'impact du shekel fort sur le secteur.

2 minutes
3 juin 2026

ParDelphine Miller

Le « jeudi noir » de la high-tech israélienne inquiète le gouvernement
Unsplash

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a high-tech israélienne vient de vivre ce que plusieurs médias économiques ont déjà surnommé un « jeudi noir ». En quelques heures, plusieurs entreprises majeures ont annoncé des licenciements ou des restructurations. Wix a supprimé environ 1 000 postes, tandis qu’Amdocs, AI21 Labs et ZoomInfo ont également réduit leurs effectifs ou fermé des activités en Israël.

Face à cette situation, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé la création d’une équipe spéciale chargée d’examiner les conséquences du renforcement du shekel sur le secteur. La décision a été prise après une rencontre entre de hauts responsables du Trésor et des représentants de la high-tech, qui ont alerté sur l’impact de la chute du dollar.

Le problème est simple : une grande partie des entreprises technologiques israéliennes vendent leurs produits à l’étranger et encaissent leurs revenus en dollars, tandis que les salaires, les loyers et les charges en Israël sont payés en shekels. Quand le dollar baisse fortement, les revenus valent moins localement, alors que les coûts restent élevés. Pour les entreprises exportatrices, employer en Israël devient donc beaucoup plus cher.

Selon les représentants du secteur, le dollar a perdu plus de 20 % face au shekel en un an. Pour certaines sociétés, cela revient à absorber une hausse importante du coût du travail sans que les salaires aient augmenté. Cette pression pousse déjà des entreprises à réduire leurs équipes locales ou à déplacer une partie de leur développement vers des pays moins coûteux.

Mais le taux de change n’explique pas tout. L’intelligence artificielle transforme aussi le marché : certaines tâches sont automatisées, tandis que les entreprises recherchent désormais des profils plus spécialisés. La guerre pèse également sur le secteur, avec l’absence prolongée de nombreux employés mobilisés dans la réserve, ce qui retarde des projets et complique parfois les levées de fonds.

Pour autant, la high-tech israélienne ne s’effondre pas. Elle reste l’un des moteurs de l’économie du pays, avec des exportations record et une contribution majeure au PIB. Le défi est désormais de savoir si cette transformation se fera en gardant les emplois en Israël, ou en accélérant les délocalisations vers des pays moins coûteux.

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