Malgré les démentis officiels, le nouveau plan de distribution d'aide humanitaire à Gaza n'est pas américain, mais bien israélien, selon des révélations du New York Times. Une donnée qui remettrait en question "la neutralité" de l'initiative pourtant revendiquée par Washington, d'après le média américain.
L'initiative de confier la distribution de nourriture à un consortium d'organisations privées, remplaçant ainsi les agences onusiennes qui supervisent traditionnellement ces opérations humanitaires trouve en réalité ses origines dans un groupe de travail israélien créé en secret durant les premiers mois de la guerre.
Le programme aurait été élaboré par le "Mikveh Israel Forum", un réseau informel d'Israéliens influents formé en décembre 2023. Parmi ses membres clés figurent Yotam HaCohen, conseiller stratégique intégré au Cogat (département militaire supervisant l'aide à Gaza), Liran Tankman, investisseur technologique également recruté par cette unité, et Michael Eisenberg, capital-risqueur israélo-américain.
Réunis dans des domiciles privés de Jérusalem, ces hommes ont échafaudé une stratégie alternative pour "couper l'herbe sous le pied du Hamas", selon les mots de Yotam HaCohen dans un article publié en juillet 2024 dans un journal militaire israélien. Leur objectif : distribuer l'aide depuis des zones contrôlées par l'armée israélienne, hors d'atteinte du mouvement islamiste, tout en évitant qu'Israël n'assume officiellement la responsabilité des deux millions d'habitants de Gaza.
Les acteurs américains
Le volet sécuritaire du projet est confié à Philip Reilly, ancien agent de la CIA qui avait participé à la formation des Contras au Nicaragua dans les années 1980, avant de servir comme chef de station à Kaboul après le 11 septembre. Sa société "Safe Reach Solutions" a déjà commencé ses opérations en janvier 2025, surveillant un point de contrôle dans le centre de Gaza durant le cessez-le-feu de janvier à mars.
Jake Wood, ancien Marine américain, dirige quant à lui la collecte de fonds via le Fonds humanitaire pour Gaza. Cette structure vise à financer l'alimentation d'environ un million de personnes - soit la moitié de la population gazaouie - avec le soutien d'un pays d'Europe occidentale qui a récemment versé plus de 100 millions de dollars, mais dont l'identité reste confidentielle.