Alors que le conflit entre Israël et l’Iran menace de s’étendre, plusieurs États arabes, en première ligne géographique et stratégique, appellent à la désescalade. Menés par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, Oman et le Qatar, ces pays redoublent d’efforts diplomatiques pour éviter une guerre régionale à grande échelle.
Oman et le Qatar doivent accueillir cette semaine des pourparlers de la dernière chance entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères. L’objectif : obtenir un cessez-le-feu et relancer des négociations sur le nucléaire.
Les pays du Golfe, qui hébergent de nombreuses bases militaires américaines, craignent d’être pris pour cibles si les États-Unis s’engagent davantage dans le conflit.
Malgré leurs rivalités historiques avec Téhéran, les États arabes ne se réjouissent pas de l’affaiblissement de l’Iran. Leur priorité reste la stabilité. Une coalition de facto, emmenée par Riyad et Abou Dhabi, plaide activement auprès de l’administration Trump pour éviter une escalade et préserver les fragiles acquis en matière de coopération économique et de modération régionale.
« Le message des États arabes à Washington est clair : nous voulons un Moyen-Orient paisible, stable et tourné vers les affaires », confie un diplomate du Golfe. « Ce conflit risque d’anéantir tout le chemin parcouru vers la paix et la prospérité. »
Samedi, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a dénoncé auprès du président iranien Masoud Pezeshkian les frappes israéliennes « qui portent atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la République islamique » et « sapent les efforts de dialogue ». L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman servent aujourd’hui d’intermédiaires pour faire circuler des messages entre Washington et Téhéran, plaidant pour un cessez-le-feu.
Donald Trump, de son côté, envisagerait d’envoyer son émissaire Witkoff et même son vice-président JD Vance à ces discussions. Riyad miserait sur sa proximité personnelle avec l’ancien président américain et sur leur vision économique commune pour le convaincre d’éviter un engagement militaire. Il va de ssoi que a guerre freinerait les investissements cruciaux pour l’économie américaine..
Pour l’instant, la diplomatie arabe a obtenu la promesse des États-Unis et d’Israël de ne pas impliquer directement les pays arabes dans les combats. Tsahal évite de survoler l’espace aérien jordanien et du Golfe, et un « accord tacite » prévoit que les bases américaines dans la région ne soient pas utilisées pour appuyer les frappes israéliennes. Selon Axios, la Maison Blanche a assuré aux États arabes qu’elle ne s’engagerait militairement que si des citoyens américains étaient visés.