
Le parc national de Banias se trouve à la frontière du plateau du Golan et du « doigt » de la Galilée. C’est un site naturel d’une grande beauté, à la végétation luxuriante (peupliers, chênes, pistachiers), car il est irrigué par des ruisseaux et de splendides cascades. Cette eau en abondance provient du mont Hermon : la roche du Hermon étant faite d’un très vieux calcaire (de l’époque jurassique, datant de 150 à 200 millions d’années), la montagne, comme une grande éponge, absorbe la pluie et la neige qui s’y déversent, et toute cette eau rejaillit à Banias sous forme d’une gigantesque source d’environ 125 millions de mètres cubes d’eau chaque année. L’eau sort de la roche à 15 degrés, créant de magnifiques piscines naturelles ainsi que des cascades, dont une de dix mètres de haut. Banias donne également son nom à une rivière qui constitue l’un des trois affluents du Jourdain, avec le Dan et le Hatsbani.
C’est sans doute la présence de cette eau à profusion qui explique la très ancienne et très riche histoire de Banias. On y a retrouvé des traces d’habitation datant de l’âge de fer, mais c’est à l’époque hellénistique, avec les conquêtes d’Alexandre le Grand (332 avant notre ère), que le site va se développer le plus fortement.
Un temple dédié au culte du dieu Pan y est érigé (dans la Grèce antique, Pan était le dieu des villages, de la chasse, des bergers et de la musique), et une grotte lui est également consacrée – aujourd’hui encore, on peut voir les traces de cette grotte, et même une inscription en grec dédiée au dieu Pan. Le site se nomme alors Paneas ou Panium. C’est là que, en l’an 200 avant notre ère, aura lieu une grande bataille entre les Ptolémées, héritiers d’Alexandre le Grand, et les Séleucides. La victoire de ces derniers leur assurera le contrôle de toute la région jusqu’à la révolte des Maccabées.


