International

Snapback : que va faire l'Iran ?

Les frappes israéliennes et américaines durant la Guerre des Douze Jours ont rendu le programme nucléaire iranien plus opaque sans pour autant l’anéantir, l’enjeu est désormais de contraindre Téhéran à collaborer avec l’AIEA, tandis qu’Israël reste en état de vigilance maximale.

2 minutes
29 août 2025

ParNathalie Sosna Ofir

Snapback  : que va faire l'Iran ?
Istock

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a réagi à la décision des puissances européennes d’activer le mécanisme dit de « snapback », qui fait peser sur Téhéran le risque d’un retour des sanctions internationales levées en 2015 : « les tentatives de réactiver les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sont dépourvues de sens », peut-on lire dans une lettre adressée à l’Union européenne. La résolution onusienne intégrée dans l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien expirant le 18 octobre marque les dernières semaines durant lesquelles le snapback peut être réactivé, dans l’objectif d’exercer une pression économique supplémentaire sur l’Iran.

L’Iran se trouve actuellement face à un dilemme stratégique majeur. D’un côté, Téhéran souhaite avancer vers l’achèvement de son programme nucléaire ; de l’autre, après les frappes de la Guerre des Douze Jours, il est contraint de reconstruire une partie de ses infrastructures. Bien que le pays dispose encore d’une partie des matériaux et des connaissances techniques, la reconstruction reste un processus complexe, tant sur le plan opérationnel qu’économique. Israël demeure, de surcroît, une menace constante, et toute avancée vers l’arme nucléaire pourrait entraîner de nouvelles frappes.

Le projet iranien de missiles est lui aussi perturbé. Les experts estiment que Téhéran tentera de le relancer, mais les dégâts causés compliquent une reprise rapide. Les divergences entre les informations transmises par Israël et celles parvenues au gouvernement américain accentuent les incertitudes quant à l’état réel des installations et aux capacités restantes. L’impact militaire des frappes israéliennes a été significatif, mais il ne suffit pas à éliminer totalement le programme nucléaire. Les experts soulignent que le matériel non endommagé pourrait encore servir à des développements futurs, notamment les 400 kilos d’uranium enrichi à 60 % que la Guerre des Douze Jours n’a sans doute pas détruits et dont on ignore le sort. Sans compter que Téhéran pourrait tenter de négocier avec la Corée du Nord l’acquisition d’une arme nucléaire prête à l’emploi.

Avec la reprise des sanctions, Israël, toujours dans le viseur des Mollahs, reste en état d’alerte, prêt à réagir à toute tentative d’attaque sur son territoire ou contre des cibles israéliennes et juives à l’étranger.

Boaron blue