Israël

Découverte exceptionnelle près de Yehud : des mèches de bougie vieilles de 4 000 ans

Cette découverte constitue l'une des trouvailles les plus rares de ce type au monde

3 minutes
31 août 2025

ParJohanna Afriat

Découverte exceptionnelle près de Yehud : des mèches de bougie vieilles de 4 000 ans
Une mèche intacte trouvée dans une bougie Photo : Autorité des antiquités d'Israël

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Des archéologues de l'Autorité israélienne des antiquités ont mis au jour sur le site de Neve Ephraim, près de Yehud, des mèches de bougie en tissu remarquablement préservées, datant d'environ 4 000 ans. Cette découverte constitue l'une des trouvailles les plus rares de ce type au monde.

Une conservation exceptionnelle défiant le climat

"Il s'agit d'une découverte unique, inattendue sous un climat méditerranéen", soulignent les Dr Naama Suknik et Yona Maor, qui ont dirigé l'étude. La préservation de matières organiques comme les fibres textiles représente un défi majeur en archéologie, particulièrement dans les climats humides où elles se décomposent rapidement.

Trois mèches ont été retrouvées, dont une parfaitement intacte, conservées à l'intérieur de lampes à huile en argile utilisées pour l'éclairage à l'âge du bronze moyen. Les analyses de laboratoire ont révélé qu'elles avaient subi un processus rare de "pétrification" au fil des millénaires, expliquant leur état de conservation exceptionnel.

Un éclairage sur les rites funéraires antiques

Les fouilles ont permis d'exhumer de nombreuses tombes datant de l'âge du bronze intermédiaire (2500-2000 av. J.-C.). Les lampes contenant les mèches y côtoyaient d'autres offrandes funéraires : poteries, ossements d'animaux, armes et bijoux.

"Si les bougies servaient certainement à éclairer l'espace funéraire sombre pendant la cérémonie, il semble que ce ne soit pas leur seule fonction", expliquent les directeurs de fouilles Dr Gilad Itach, Yossi Elisha et Yaniv Agmon. La présence de traces de suie sur les mèches confirme qu'elles ont effectivement été utilisées lors des préparatifs funéraires ou des cérémonies d'enterrement.

Bien que les populations de l'âge du bronze intermédiaire n'aient laissé aucun écrit, les sources contemporaines du Proche-Orient ancien témoignent du rôle central du feu dans les rituels funéraires. "Le feu d'une bougie est connu pour ses pouvoirs magiques depuis l'aube de l'humanité", notent les chercheurs, évoquant sa capacité à fournir lumière et chaleur, et à transformer la matière.

Cette symbolique traverse les millénaires : comme aujourd'hui, la flamme représentait déjà l'âme humaine il y a 4 000 ans. Le concept moderne de "bougie de l'âme" puiserait ainsi ses racines dans ces pratiques ancestrales.

Recyclage et économie circulaire antique

L'analyse des fibres a révélé une pratique surprenante : les mèches étaient confectionnées à partir de tissu de lin recyclé, découpé en longues bandes puis torsadées. "Il est peu probable qu'ils aient tissé un tissu aussi coûteux que le lin spécifiquement pour un objet destiné à la combustion", précise le Dr Suknik.

Cette réutilisation témoigne d'une gestion économique remarquablement moderne, optimisant l'usage de matières premières précieuses. Une leçon d'économie circulaire vieille de quatre millénaires qui résonne étonnamment avec les préoccupations environnementales actuelles..

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