De nouveaux détails émergent sur l'opération de précision menée par le Shin Bet et l'armée de l'air qui aurait permis d'éliminer le porte-parole emblématique des brigades Al-Qassam, figure centrale de la propagande du Hamas depuis près de deux décennies.
Une source palestinienne a confirmé dimanche matin aux médias arabes la mort d'Abu Obeidah, le mystérieux porte-parole de la branche armée du Hamas, tué lors d'une frappe israélienne dans le nord de la bande de Gaza. Cette élimination, si elle se confirme, marquerait un tournant symbolique majeur.
Une traque minutieuse de plusieurs mois
Selon les premiers éléments révélés, les services de sécurité israéliens suivaient Abu Obeidah depuis plusieurs mois, collectant patiemment des renseignements sur ses déplacements et ses habitudes. Selon les dires d'un responsable palestinien, le terroriste avait emménagé il y a peu dans un appartement à l'ouest de la ville de Gaza. "Peu avant l'attaque, Israël savait dans quel appartement il résidait à Gaza", révèle une source sécuritaire. "Tsahal attendait des renseignements et une maturité opérationnelle pour augmenter les chances de l'éliminer."
L'opération s'est déroulée de façon chirurgicale : au signal donné, les forces israéliennes ont frappé les deuxième et troisième étages de l'immeuble où se trouvait le responsable du Hamas avec un missile de précision. D'après la même source, sa femme et ses enfants se trouvaient avec lui.

L'élimination d'Abu Obeidah résulte d'une coordination étroite entre plusieurs branches de l'appareil sécuritaire israélien. L'opération a été menée sur la base des renseignements du Shin Bet, en coopération avec l'armée de l'air, sous la direction du quartier général des opérations spéciales du service de sécurité intérieure, basé dans le centre d'Israël.
Cette architecture opérationnelle illustre la priorité accordée par Israël à l'élimination de cette figure emblématique, considérée comme l'un des derniers dirigeants de premier plan encore présents dans la bande de Gaza.
L'homme derrière le keffieh
Abu Obeidah incarnait depuis 2006 le visage - bien que toujours masqué - de "la résistance palestinienne". Apparu pour la première fois lors de l'annonce de l'enlèvement de Gilad Shalit, il était devenu au fil des années la voix officielle des brigades Al-Qassam, multipliant les déclarations menaçantes.
En octobre 2023, Tsahal avait publié sa photographie à visage découvert, dans le but de l'embarrasser et de lui signifier qu'il était désormais une cible prioritaire.
L'élimination présumée d'Abu Obeidah représente bien plus qu'une simple victoire tactique pour Israël. "Il est à l'origine de la terreur psychologique de l'organisation terroriste", soulignent les analystes sécuritaires. Sa mort pourrait porter un coup sévère aux efforts du Hamas pour maintenir son influence psychologique sur l'opinion publique palestinienne et internationale.
Figure centrale de l'organisation et membre de son comité de décision, Abu Obeidah entretenait des contacts directs avec les plus hauts dirigeants du mouvement.
Au-delà de son rôle opérationnel, Abu Obeidah, dont les apparitions télévisées, toujours soigneusement mises en scène, était devenu un symbole pour de nombreux Palestiniens et sympathisants de la cause palestinienne à travers le monde.
En 2014, Israël avait déjà tenté de percer son anonymat en prenant le contrôle de la chaîne Al-Aqsa du Hamas pour diffuser des images le montrant à visage découvert.