La réunion prévue demain – jeudi – initialement consacrée à la question de l’application de la souveraineté israélienne en Judée-Samarie, ne portera finalement que sur les implications sécuritaires de l’initiative française en faveur d’une reconnaissance d’un État palestinien, ainsi que sur la préparation de l’appareil de défense israélien. Selon plusieurs sources, les collaborateurs du Premier ministre l’ont annoncé au cours des dernières heures. La discussion avait déjà été reportée hier.
Lors de cette réunion, des responsables sécuritaires devraient avertir qu’une flambée de violence est possible en Judée-Samarie après la déclaration unilatérale attendue en septembre, à la veille des fêtes de Tichri. Le Shin Bet doit également signaler au gouvernement que des signes de désintégration de l’Autorité palestinienne apparaissent déjà, conséquence de sa grave crise économique – aggravée par certaines mesures israéliennes.
Washington, pour sa part, suit la situation avec inquiétude et l’exprime dans des échanges discrets en Israël. C’est peut-être aussi la raison qui a poussé Netanyahou à retirer la question de la souveraineté de l’ordre du jour.
Cette marche arrière risque de provoquer de fortes tensions politiques internes. Quelques heures seulement avant l’annonce de Netanyahou, le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait en effet réclamé l’application d’une souveraineté pleine sur 82 % des territoires de Judée-Samarie. Il avait également brandi une menace contre l’Autorité palestinienne, l’avertissant de « conséquences » si elle encourageait une escalade.
« L’idée n’est pas de dessiner les frontières d’un futur État palestinien, mais de l’empêcher », a déclaré un proche de Smotrich. L’objectif, a-t-il ajouté, est de présenter à Netanyahou un plan de souveraineté maximaliste avant que ce dernier ne proclame une version réduite.