La Cour pénale internationale de La Haye (CPI) a rejeté vendredi soir la demande d'autorisation d'appel déposée par Israël contre les mandats d'arrêt émis à l'encontre du Premier ministre Benyamin Netanyahou et de l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Cette décision constitue un nouveau revers pour l'État hébreu, qui avait déjà vu sa première requête rejetée en mai dernier.
Dans une décision de 13 pages, la Cour a estimé qu'Israël "réitère ses arguments" sans apporter d'éléments nouveaux. L'argument principal d'Israël repose sur le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de Rome, selon lequel la CPI ne doit intervenir que lorsqu'un État n'est pas en mesure ou refuse d'enquêter sur les crimes commis par ses propres citoyens.
La Cour a balayé cette objection en affirmant qu'elle n'est "pas tenue d'examiner la question de compétence soulevée par Israël avant de décider d'exécuter les mandats d'arrêt". Elle a précisé que ces mandats ont été déposés séparément et ne sont pas liés à la question de compétence territoriale.
Des sources proches du dossier avaient récemment suggéré que l'accord sur la libération des otages et le cessez-le-feu à Gaza pourraient faire plier les juges. Toutefois, ces mêmes sources ont reconnu que, formellement, cet accord n'a aucune incidence sur la gestion de l'affaire, les mandats d'arrêt portant sur des événements survenus au début de la guerre.
La pression s'est intensifiée ces dernières semaines dans les couloirs de la Cour, alimentée par des rumeurs selon lesquelles le président américain Donald Trump s'apprêterait à imposer des sanctions institutionnelles à l'ensemble de la CPI. Ces mesures viendraient s'ajouter aux sanctions personnelles déjà infligées aux juges impliqués dans l'émission des mandats d'arrêt en question, ainsi qu'aux deux procureurs adjoints représentant Karim Khan.