La session d'hiver de la Knesset a débuté lundi dans un climat de forte tension, après qu'Amir Ohana, président de l'assemblée, a désigné Yitzhak Amit simplement comme "juge" plutôt que par son titre officiel de "Président de la Cour suprême". Cette provocation délibérée a déclenché une tempête en séance plénière et entraîné l'expulsion de six députés de l'opposition.
La décision d'Ohana de ne pas reconnaître le titre d'Amit s'inscrit dans une bataille institutionnelle plus large. Le président de la Knesset a profité de son discours d'ouverture pour dénoncer ce qu'il considère comme un "piétinement de la Knesset par le système judiciaire", accusant la Cour suprême de s'arroger des pouvoirs qu'elle n'a jamais reçus par la loi.
"Le système judiciaire opère sans contre-pouvoirs, hormis ceux qu'il s'impose lui-même", a déclaré Ohana, dénonçant notamment l'abrogation récente d'une Loi fondamentale par la Cour suprême "en temps de guerre".
Herzog dénonce une "atteinte à la dignité"
Le président Isaac Herzog a pris la parole pour contredire frontalement Ohana, insistant ostensiblement sur le fait qu'Amit était bien "le président de la Cour suprême". Exprimant son indignation, Herzog a condamné l'incident comme une "impolitesse" et une "atteinte à la dignité humaine et aux autres autorités".
"Mon cœur saigne, car il y a une différence entre un débat de principe légitime et l'impolitesse", a lancé Herzog. "Au lieu de traiter des questions importantes, nous nous demandons si le président de la Cour suprême sera invité ou non. Je refuse d'accepter cela."
Le président a appelé à l'unité en cette période de guerre, reprochant aux responsables politiques de "se quereller entre eux pendant que nos combattants sont à Gaza".