Vie politique

Demande de grâce de Netanyahou: pourquoi maintenant?

Pourquoi le Premier ministre a-t-il demandé la grâce présidentielle?

4 minutes
30 novembre 2025

ParGuitel Benishay

Demande de grâce de Netanyahou: pourquoi maintenant?
Photo by Itai Ron/POOL

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Le Premier ministre Netanyahou a adressé ce dimanche, par l'intermédiaire de son avocat, Me Amit Hadad, une demande de grâce au Président Itshak Herzog, dans le cadre des procès en cours à son encontre.

Qu'est-ce qui a poussé le Premier ministre a demandé cette faveur, quelques semaines après que le Président américain en a fait la demande pour lui?

Dans une déclaration filmée prononcée après le dépôt de la demande de grâce, Netanyahou a déclaré : « Près d'une décennie s'est écoulée depuis le début des enquêtes à mon encontre. Le procès se déroule depuis près de six années et devrait se poursuivre encore de nombreuses années. Au fur et à mesure que les témoignages et les preuves à décharge, qui réfutent totalement les accusations mensongères portées contre moi, sont établis devant le tribunal, mon intérêt personnel était et demeure de poursuivre la procédure jusqu'à l'acquittement complet. La réalité sécuritaire et politique, l'intérêt national, commandent une autre voie. Aujourd'hui, l'unité nationale est nécessaire. La poursuite du procès nous déchire de l'intérieur, suscite de vives dissensions et provoque des divisions. Une conclusion immédiate du procès contribuera à apaiser les passions et à promouvoir une réconciliation d'ampleur dont notre État a tant besoin. J'ai longuement hésité sur cette question, mais ce qui s'est produit récemment a fait pencher la balance. Je suis tenu de témoigner trois fois par semaine, une exigence à laquelle aucun autre citoyen de l'État n'est soumis. J'ai également eu à l'esprit l'appel du président Trump, qui souhaite faire avancer des intérêts importants dans une fenêtre temporelle qui pourrait ne pas se représenter. J'attends que tous ceux qui ont à cœur le bien de l'État soutiennent cette grâce », a conclu le Premier ministre.

De la présidence, il a été communiqué que « la demande est désormais transmise, conformément aux règles, au département des grâces du ministère de la Justice, qui recueillera également les avis pertinents des différentes instances du ministère de la Justice, après quoi ils seront transmis à la conseillère juridique de la présidence et à son équipe pour la préparation d'un avis supplémentaire destiné au président de l'État ».

À la présidence, l'on souligne qu'il s'agit d'une demande de grâce exceptionnelle aux implications considérables. Après réception de tous les avis, le président de l'État l'examinera avec responsabilité et gravité.

La demande comprend deux documents : une lettre détaillée signée par son avocat et une lettre signée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi : « La grâce accordée au Premier ministre Netanyahu est cruciale pour la sécurité de l'État. La réforme du système judiciaire, et en particulier du parquet corrompu qui a fabriqué les dossiers contre Netanyahou, est cruciale pour la sécurité de l'État. Il n'y a aucune contradiction entre les deux ; toutes deux ensemble sont importantes. »

Le ministre de l'Économie et de l'Industrie, Nir Barkat, a ajouté : « L'intérêt de l'État d'Israël, de droite comme de gauche, est de mettre fin au procès contre le Premier ministre Netanyahou. Après une guerre difficile, l'État d'Israël doit s'engager sur une nouvelle voie dans l'unité nationale et le partenariat. Monsieur le président de l'État, le moment est venu de gracier le Premier ministre et de mettre fin à ce procès. »

Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, a réagi : « Il est temps de libérer Israël de la saga du procès Netanyahou qui déchire le peuple. La décision juste consiste à accéder à la demande de grâce pour l'avenir de l'État. »

En revanche, le président des Démocrates, Yaïr Golan, a affirmé que « seul un coupable demande une grâce. Après huit années de procès, alors que les dossiers à son encontre ne se sont pas effondrés, Netanyahou demande une grâce. Le seul arrangement envisageable est que Netanyahou assume sa responsabilité, reconnaisse sa culpabilité, quitte la vie politique et libère le peuple et l'État ; c'est seulement ainsi que l'unité du peuple sera atteinte. »

Même son de cloche chez Yaïr Lapid, le chef de l'opposition: ''M. le Président, vous ne pouvez pas accorder la grâce à Binyamin Netanyahou sans qu'il n'ait auparavant reconnu sa culpabilité, exprimé des regrets et qu'il ne s'engage à quitter la vie politique''.