La crise des effectifs dans les jardins d’enfants de Tel-Aviv-Yafo atteint un niveau critique. Selon la presse israélienne, la municipalité a lancé un appel interne à ses employés afin qu’ils se portent volontaires pour venir aider dans les maternelles de la ville, à raison d’un jour par semaine. Cette mesure exceptionnelle vise à éviter la fermeture de classes, après plusieurs arrêts forcés constatés ces dernières semaines faute de personnel suffisant.
Ces employés municipaux interviendront comme « force d’appui » après un contrôle de sécurité et une formation de base. La mairie insiste sur le caractère temporaire de ce dispositif, présenté comme une solution d’urgence dans l’attente d’un plan structurel plus durable, en coordination avec le ministère de l’Éducation. La pénurie touche surtout les assistantes, un maillon devenu critique du système préscolaire.
Les causes de cette pénurie sont désormais clairement identifiées. Le premier facteur reste le niveau des salaires, souvent proches du salaire minimum, pour un métier exigeant physiquement et émotionnellement. À Tel-Aviv, où le coût de la vie est particulièrement élevé, ces rémunérations ne permettent plus de vivre décemment, poussant de nombreuses assistantes à quitter le secteur. À cela s’ajoutent la dégradation des conditions de travail depuis la guerre, la surcharge des classes, le stress, les congés maladie prolongés, les congés maternité et l’absence de remplaçantes disponibles. Le métier souffre aussi d’un manque total de perspectives d’évolution et de reconnaissance, décourageant l’entrée de nouvelles recrues. Les municipalités dénoncent enfin un déséquilibre entre l’État, qui finance les postes, et les villes, qui les gèrent au quotidien, ce qui freine toute revalorisation rapide.
Du côté des parents, l’inquiétude est forte. Plusieurs témoignages relayés dans les médias évoquent une perte de confiance dans la stabilité du système préscolaire. « Nous préférons une solution provisoire plutôt que la fermeture des jardins, mais ce n’est pas normal que des employés non formés remplacent des professionnels », confie une mère à la chaîne publique Kan. La mairie assure travailler à une solution durable dans les prochaines semaines, mais sur le terrain, la rupture est déjà palpable.