La décision de débaptiser le parc Haïm Herzog, avait suscité un tollé dans la communauté juive locale, qui avait dénoncé “une municipalité devenue ouvertement antisémite”. Même la ministre irlandaise des Affaires étrangères avait appelé les conseillers municipaux à s’y opposer, estimant qu’un tel changement “ne devait pas être appliqué”.
Avant l’annonce du retrait, Emma Blain, élue du quartier concerné, indiquait déjà que sa formation — membre du bloc majoritaire — estimait que des irrégularités avaient entaché la procédure d’approbation. Selon elle, ce vice pourrait justifier l’annulation du vote et de nouvelles évolutions étaient attendues dans la soirée. La pression politique aura finalement conduit à la suspension de la mesure.
Un rapport interne montrait pourtant que la commission des noms de lieux, réunie le 24 juillet 2025, avait majoritairement soutenu le retrait du nom “Herzog”, à l’exception d’une voix dissidente, en prévoyant un processus public pour choisir une nouvelle appellation.
Le parc porte le nom de Haïm Herzog, né à Belfast, élevé à Dublin, ancien président de l’État d’Israël et figure de la lutte pour la libération de l’Europe du nazisme. Son père, le rabbin Isaac Herzog, fut le premier grand rabbin de l’Irlande libre, avant de devenir grand rabbin d’Israël. En 2018, pour le centenaire de sa naissance, un hommage officiel avec sa famille — dont son fils, Itshak Herzog, l’actuel président — avait consacré ce nom comme symbole des liens historiques entre l’Irlande et le peuple juif.
La Maison du Président a fait part de sa vive inquiétude : « Nous suivons avec préoccupation les informations en provenance d’Irlande concernant la remise en cause de l’héritage du président Haïm Herzog et des symboles exprimant les liens historiques entre le peuple irlandais et le peuple juif. »
Et d’ajouter : « Au-delà de son rôle de président, Herzog fut l’un des héros de la lutte pour la libération de l’Europe du nazisme, et une personnalité engagée pour la liberté, la tolérance et la paix. Le nom de ce parc incarnait cette reconnaissance et l’amitié profonde entre les deux peuples, malheureusement altérée ces dernières années. »
Depuis plusieurs années — et surtout depuis le 7 octobre — l’opinion publique irlandaise glisse nettement vers l’extrême gauche. Les manifestations contre Israël se sont multipliées, et en décembre dernier le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait annoncé la fermeture de l’ambassade à Dublin.
Le mois dernier, l’Irlande a élu une présidente issue de l’extrême gauche, Catherine Connolly, qui a qualifié Israël de “État terroriste”. Si la fonction est largement symbolique, son élection confirme une tendance nette : la montée d’un climat politique ouvertement hostile à Israël dans le pays.