L’ambassade d’Israël au Canada a justifié cette décision par les liens de la délégation avec l’organisation « Islamic Relief Worldwide », classée comme organisation terroriste par Israël. Selon la représentation diplomatique, la délégation est arrivée sous l’égide du groupe « The Canadian Muslim Vote », financé en grande partie par « Islamic Relief Canada », branche locale de l’organisation internationale incriminée. « Israël n’autorisera pas l’entrée de personnes ou d’organisations liées à des entités terroristes reconnues », a souligné l’ambassade.
Du côté canadien, la réaction n’a pas tardé. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré que son pays avait exprimé sa « vive opposition au traitement inapproprié réservé à des citoyens canadiens ». L’une des parlementaires concernées, Iqra Khalid, élue libérale de l’Ontario, a affirmé avoir été poussée à plusieurs reprises par les agents du contrôle frontalier israélien. Elle a indiqué que les autorités pouvaient clairement identifier son statut parlementaire, son passeport diplomatique ayant été saisi lors du contrôle.
Selon Khalid, l’incident est survenu lorsqu’elle a tenté de s’enquérir de l’état d’un autre membre de la délégation, mis à l’écart pour un interrogatoire. La délégation comptait environ 30 participants, parmi lesquels figuraient des élus et des représentants de la société civile.
Une autre députée, Jenny Kwan, du Nouveau Parti démocratique, a affirmé que tous les membres du groupe disposaient d’autorisations d’entrée numériques valides pour la Judée-Samarie, mais que celles-ci auraient été annulées le jour même de leur arrivée. Le Conseil national des musulmans canadiens a dénoncé une décision qui, selon lui, « soulève de graves préoccupations ».
La délégation, arrivée via le pont Allenby sous le parrainage de « The Canadian Muslim Vote », prévoyait de rencontrer des Palestiniens déplacés en Cisjordanie, dans un contexte de tensions accrues après l’approbation récente par le cabinet israélien de la création de 19 nouvelles localités.