Le gouvernement israélien s’apprête à lancer un vaste appel d’offres pour l’acquisition de centaines de véhicules électriques destinés aux hauts fonctionnaires, aux forces de police, à l’administration pénitentiaire et au ministère de la Défense. Selon des documents publiés par le quotidien économique Calcalist, la majorité des modèles pressentis seraient de fabrication chinoise.
Ce projet intervient pourtant dans un contexte sécuritaire sensible. Tsahal a déjà interdit l’entrée de véhicules chinois sur ses bases, en raison de soupçons liés à la collecte de données, aux systèmes embarqués et aux risques potentiels d’espionnage. Malgré cela, les futurs véhicules pourraient être attribués à des responsables civils et sécuritaires ayant accès à des informations sensibles, voire classifiées.
Le ministère des Finances prévoit plusieurs catégories de véhicules, dont une flotte d’environ quinze modèles haut de gamme, susceptibles d’être utilisés par des ministres, avec un budget unitaire pouvant atteindre 315 000 shekels. D’autres lots concernent des SUV, des berlines ou encore des minibus électriques, là encore majoritairement produits en Chine. Les contrats s’étendraient jusqu’en 2031, avec une utilisation intensive estimée à environ 35 000 kilomètres par an.
Cette orientation soulève de nombreuses interrogations dans les milieux sécuritaires et politiques. Des sources citées par Calcalist évoquent la possibilité qu’à l’avenir, ces véhicules soient contraints de stationner à distance des bâtiments sensibles, à l’image des restrictions déjà en vigueur au sein de l’armée. Un paradoxe qui illustre les tensions entre considérations budgétaires, transition écologique et impératifs de sécurité nationale.