La réunion du groupe parlementaire du Sionisme religieux de ce lundi a été marquée par une déclaration explosive du ministre des Finances et chef du parti Betsalel Smotrich, qui a qualifié le président de la Cour suprême Yitzhak Amit de "mégalomane violent qui bafoue la démocratie", promettant de "l'écraser en retour".
Face à l'avalanche de critiques, le ministre a non seulement maintenu ses propos mais les a réitérés sur le réseau social X, précisant qu'on finirait par "lui rouler dessus" - une formulation perçue comme une menace directe.
Un concert de condamnations
L'ancien chef d'état-major et ex-député Gadi Eisenkot a dénoncé ce qu'il considère comme une escalade verbale dangereuse. Il a accusé les ministres de se livrer à une surenchère dans la violence rhétorique, qualifiant Smotrich de "ministre incompétent" dont les menaces "abjectes" le rapprochent du "dernier des criminels".
Benny Gantz, président du parti Bleu Blanc, y voit le franchissement d'une ligne rouge et un nouveau record dans l'offensive menée par la coalition gouvernementale contre l'appareil judiciaire. "Ce qui commence par de tels mots peut finir dans le sang", a-t-il averti, appelant à mettre fin à cette "folie".
L'ancienne dirigeante travailliste Meirav Michaeli est allée plus loin en réclamant l'ouverture d'une enquête policière. Selon elle, la conseillère juridique du gouvernement devrait ordonner aux forces de l'ordre d'examiner ces déclarations sous l'angle de l'incitation à la violence contre un haut fonctionnaire.
Le président du barreau, Amit Bachar, n'a pas mâché ses mots, estimant que Smotrich "devrait être en prison et non au gouvernement" après avoir franchi "un nouveau cap en matière de violence et d'incitation".