La rencontre entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump intervient à un moment de forte vulnérabilité du régime iranien. Depuis plusieurs semaines, l’Iran est traversé par une vague de manifestations liées à l’effondrement économique, à l’inflation et à l’asphyxie financière provoquée par des années de sanctions et de mauvaise gestion. Le régime tente de contenir la colère populaire par la répression, tandis que les slogans hostiles au pouvoir se multiplient dans plusieurs villes.
C’est dans ce contexte que Jérusalem et Washington coordonnent leurs positions sur les dossiers régionaux majeurs, au premier rang desquels la menace iranienne. Officiellement, la visite de Benjamin Netanyahu aux États-Unis n’est pas liée aux événements intérieurs iraniens. Mais sur le plan stratégique, la simultanéité n’est pas anodine : un régime affaibli sur le plan intérieur est moins en capacité de projeter sa puissance à l’extérieur.
Pour Israël, le message est double. D’une part, rappeler que la pression internationale sur Téhéran — diplomatique, économique et sécuritaire — reste un levier central. D’autre part, souligner que l’axe iranien (Hamas, Hezbollah, milices régionales) repose sur un pouvoir central aujourd’hui fragilisé. À Washington comme à Jérusalem, l’idée prévaut qu’un Iran occupé à contenir sa propre population dispose de moins de marges de manœuvre pour une escalade régionale directe.
Côté iranien, le pouvoir cherche au contraire à instrumentaliser les tensions extérieures pour ressouder sa base et détourner l’attention de la crise intérieure, accusant régulièrement Israël et les États-Unis d’ingérences. Une stratégie déjà éprouvée, mais dont l’efficacité semble s’éroder à mesure que la situation économique se détériore.